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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 23:58

 

Le mec de Needledrop a récemment passé en revue les dix pires chansons de son adolescence.

C’est une idée géniale, et pas uniquement parce que c’est une liste.

 

 

 

Dans les chansons d’avant, il y a nos mauvais goûts, et dans nos mauvais goûts, nos goûts primitifs. Alors honnêtement en essayant de me souvenir des dix pires chansons, j’ai d’abord eu l’impression que je n’en trouverais jamais. Car j’avais trop bien corrigé ma propre mémoire. Mon propre lavage de cerveau (infligé par moi-même telle une ombre de savant fou me triturant le cerveau en secret) avait trop bien fonctionné. 

Ado, j’étais super précautionneux dans mes achats. Je ne voulais rien regretter. Je me serais senti sali par un mauvais album. Qui plus est, je n’achetais pas de single parce qu’ils étaient toujours accompagné de remix inutiles ou de sous-chansons (une seule exception pour un single de Supergrass qui contenait un inédit)… Et je me suis souvenu que j’aimais Sugar Ray. Que le chanteur était une sorte de Ethan Hawke à mèche blonde, métrosexuel punk, et que mon engouement pour le groupe ne pouvait pas être totalement étranger à sa beauté de petit branleur (il a conscience aujourd’hui d’être devenu une sorte de personnage ringard en attente d’un coming back autrichien façon David Hasselhof). Que je trouvais super cool les quelques secondes où intervient un DJ black pour le titre Ten Seconds down – « ça c’était de la vraie fusion ! ». Puis que j’avais eu totalement honte du groupe quand j’avais cru qu’il s’agissait en fait d’un groupe de punk fusion allemand et non californien. Et que c’est probablement pour ça que j’avais arrêté d’écouter ou de croire dans le punk fusion. Tout le monde avait été marqué par Rage Against The Machine, et tout le monde se demandait si la fusion n’était qu’une erreur ou la véritable et glorieuse fin de tous les genres musicaux réunis en un seul. Comme on le sait maintenant, la fusion était juste une mauvaise idée. Aucun groupe n’a pris la place de « Rage Against »… à part Hadouken peut-être, c’est dire… C’était une utopie à la hauteur des révoltes nihilistes et défaitiste des années 90 (le grunge, les club kids, les TAZ, le Burning Man, le Cyberpunk). 

 

 

 

Je vais suivre l’ordre suivant : du ringard acceptable au pire ringard ou au moins au truc arty que personne ne cherchera à sauver de l’oubli. C’est un ordre vraiment subjectif au final, mais surtout ce ne sont pas toujours les chansons de mon adolescence (j’ai eu une adolescence janséniste en matière d’achat de singles ou de musique FM – bref, j’ai dû survivre à mon éducation musicale classique, personne ne m’en voudra). Le principe de ce classement est vraiment de s'enfoncer progressivement vers la musique la plus oubliable (pas forcément mauvaise... d'ailleurs)

 

10. Corneille, Parce qu’on vient de loin. Je pense que j’étais en pleine période de reconversion à la R’n’B et… non finalement, c’est une mauvaise excuse. Comme acheter un smoothie bio parce qu’on a mangé un hamburger sanguinolent juste avant. J’admets que ce n’est pas vraiment mon adolescence (2002). Au moment de passer en caisse, j’ai connu un petit frisson de honte, comme si la gamine de treize ans en moins s’était mise à mouiller en public. C’est aux antipodes de tout ce que j’avais écouté auparavant. Mais hey, aujourd’hui Corneille est toujours beau, il articule toujours aussi bien en chantant – et ce mec a quand même popularisé l’expression « toi-même tu sais ». Même si c’est ringard dans le monde rock, Corneille reste un tube pour Radio Nostalgie.

 

 

 

9. Skunk Anansie. J’ai eu ma période groupe de rock lesbien. Mais même si la meuf de Skunk Anansie était super belle, l’esthétique attention je vais te pondre un alien au fond du ventre me semblait déjà en voie de pourrissement accéléré. Qui porte encore des pantalons kakis pour chanter du rock ? 

 

 

 

8. Ash, Girl from Mars. Si punky brooster avait fait de la musique, ça aurait pu sonner comme ça. J’ai l’impression que le groupe s’est compromis dans la drogue et les excès faciles. La chanson marchait bien. Mais il n’était ni punk, ni clairement pop, et ils rêvaient d’une sorte de réussite à la con. Blur avait chanté girls and boys et j’avais cru que Damon Albarn était bi, c’est dire comment j’étais con à l’époque.

 

 

 

 

7. The Hives. Ce n’est pas si vieux. Et j’ai adoré à cause de leur clip qui n’était qu’une resucée de Clockwork Orange. L’album n’est pas mauvais, mais difficilement supportable sur la longueur. Les oreilles bourdonnent à la fin.

 

 

 

6. I live in Barcelona. C’était avant Edward Sharpe, et d’ailleurs, même en pleine période de folk song héroïques chorussées comme des décollages de navettes spatiale, je n’aurais pas renié cette chanson. Mais c’était une chanson faible. Inspirée presque uniquement par la fin dionysiaque de Hey Jude. Je crois qu’il était quelque chose comme une vingtaine dans le groupe. Ils venaient tous du Nord de l’Europe, devaient avoir eu des super bourses d’études et voulaient réaliser à moitié leurs rêves avant de devenir ingénieur. Pour répéter ils expliquaient qu’ils avaient faits des super agendas pour chacun des membres de façon à jouer en dépit des problèmes d’organisations. C'est tellement sérieux et réconfortant. Comme un pull à motif les soirées d'hiver.

 

 

 

5. Architecture in Helsinski. Là je confesse mon total goût pour le grand n'importe quoi, surtout quand c'est intello et qu'il pourrait éventuellement y avoir un sens derrière tout ça... Je crois que je n'ai accroché sur aucune chanson, mais essentiellement sur la pochette (Places Like This) et le nom du groupe. Rétrospectivement c'est stupide. Mais il faut parier sur l'avant-garde bordel... Sinon on se retrouve à aimer des groupes comme Coldplay ou The XX (c'est gratuit mais c'est bien fait)... bien sûr aujourd’hui, c’est une sorte de sous-Animal Collective. Mais j’avoue que je pourrais encore le laisser tourner sur mon Ipod.

 

 

 

4. Veruca Salt. J’adorais leur chanson Seether. Mais bordel, je n’imaginais pas que les paroles voulait dire un truc aussi dégueulasse. Finalement, c’était de la musique indie inoffensive. Mais avec toute la douceur de ces petites chansons indies qui réimaginent un endroit du monde enchanté. Et les deux ballades (Fly et Sleeping Where I Want) de leur premier album avaient ça. C’était cotonneux, très mignon. Et ça me suffisait.

 

 

 

3. Un album : Subramaniam remix. Comment dire ? L’album n’est peut-être pas si mauvais. Les musiciens sont bons, assez pour scotcher n’importe qui par sa virtuosité. Mais le délit de global music, je ne suis pas sûr qu’on s’en relève. Si on croit que tout fusionne avec tout, à quoi encore chercher à distinguer la bonne musique ? Alors devant un album pareil, la seule solution c’est d’en jeter à peu près 80% et reconnaître que les 20 derniers pourcents ne vous plaisent que par une série d’accidents à peine dicibles. Et nous voilà reconduits aux circonstances totalement aléatoires pour lesquels on peut préférer certaines musiques.

 

 

 

2. Erik Truffaz, 2ème album. Ici même plus de rappeur blanc pour excuser l’avant-gardisme jazz-electro. J’avoue qu’en achetant le deuxième, j’ai voulu me convaincre qu’on parviendrait à quelque chose de nouveau. Le pire c’est que je connaissais et écoutait souvent Miles Davis. J’aurais pu mettre presque tous mes anciens albums de jazz électro en deuxième place.

 

 

 

1. Hockey. C’est mon échec cuisant le plus récent – ni un bon accueil critique, ni une réussite flagrante. J’ai adoré l’album. Je l’ai acheté pour l’offrir (alors que je téléchargeais déjà tout à cette époque). Peut-être que le groupe avait un nom trop passe partout pour les moteurs de recherche Google. Je l’ai écouté en boucle, et pourtant, il n’y avait rien de nouveau, et seulement la voix de ce mec qui ressemblait à Passion Pit et à ces trucs juteux et joyeux de la fin des années 2000. Je comprends indirectement comment tant de groupes, pas mauvais, mais sans rien de distinctif ont pu exister et, en mourant, nourrir le terreau musical des passions de demain. 

 

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Published by NKD
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