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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 00:33

 

Nuages_miyazaki.jpg

Au moment où Miyazaki boucle son dernier opus, je comprends enfin ce qui me plaisait tant dans ses films, voire dans les mangas en général. 

Son film en gros, c'est deux heures de vent qui souffle dans l'herbe. C'est beau. Honnêtement, mon côté poète zen qui s'entraîne à faire des haikus à chaque SMS se contente facilement du premier vent qui brosse l'herbe verte. 

Notez, c'est encore plus beau quand il y a des fleurs. Encore plus beau s'il y a de la pluie sur les fleurs. Et vous pleurez, si le héros fait sa demande de mariage avec du vent, de la pluie, des fleurs et des pétales de cerisier japonais. Bravo Miyazaki. Depuis le Vent se lève, j'ai super envie d'incarner des élémentaires dans les RPG.

Mais le vrai truc magique, ma petite révélation – parce qu'en ce moment je suis dans un cycle infernal de relecture geek et rigoriste de chaque film – ce sont ces nuages au ras du sol. Ces nuages rasants sont aussi sur l'affiche du film. C'est ça la poésie ultime. Ces nuages qui touche les collines sont le summum de la poésie miyazakienne parce qu'ils annulent physiquement et symboliquement la séparation entre le ciel et la terre. Vous êtes la tête dans les nuages. 

En toute bonne logique météorologique, ces nuages ne devraient rien avoir à foutre ici. Aucun nuage peut être aussi rasant. Après tout, Miyazaki qui nous bourre de détails sur la construction des avions, aurait dû être aussi cohérent en ce qui concerne la météo. Mais il sanctuarise un espace de délire (comme les bruitage, tous fait à la bouche – très bonne idée).

 

nuages chateau

Ces nuages aussi présents dans le Chateau Ambulant. 

Des nuages de montagne ?

 

En voyant ces nuages, ça m'a rappelé beaucoup de mangas, tout simplement, qui se permettent cette license météo. C'est le monde selon Miyazaki, mais c'est aussi le monde selon Mario deuxième génération (puisque le monde de Mario n'avait initialement qu'un sens très prolétaire : mario range les tonneaux, les bouteilles de laits, répare les tuyaux etc...) où on saute du sol au nuage en quelques secondes. C'est même un tic que j'avais quand je dessinais dans le style manga, je mettais des nuages rasants derrière chaque colline. 

Le médium dessin animé m'avait masqué cette anomalie. Dans un film, ça aurait sauté aux yeux de tout le monde. Mais c'est la magie du dessin : ce qui s'harmonise formellement n'a plus besoin de justifications, ni l'expérience, ni l'habitude, ni la physique, rien. Et Miyazaki le sait d'ailleurs. Puisque pendant tout le film, le rêve et la réalité s'opposent. Le rêve est délirant. La réalité est mécanique. Dans le rêve, tout change, tout devient chelou. Dans le film, on a le droit à plus d'avions qui s'écrasent que d'avions qui volent. Comme si le rêve était le concentré d'une propriété que la réalité possédait en si petite quantité qu'elle paraîtrait caché. En cela, le rêve serait plus réel que la réalité.

 

Nuages types

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