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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 22:28

MST_RickandMorty_2.png

 

Tout est parti d’une discussion avec un Allemand. L’ami d’une amie. On le sentait sérieux, intensément engagé dans son désir de communiquer (même s’il ne nous parlait qu’en allemand). Aucune place à la vanne idiomatique. 

Un couple hétérosexuel de plus sur cette planète officialisait sa relation par l’intermédiaire d’une soirée-apéro officielle faussement improvisé et sympa. 

On s’est mis à parler d’amour. Et je me suis senti obligé de défendre d’un coup l’éventualité de la fidélité, de la monogamie, voire du mariage. Deux ingrédients gays justifiaient peut-être d’ajouter de la monogamie dans la conversation : 1) la discussion sur le mariage gay qui s’ouvrait à l’époque (alors bon, je me suis pris d’affection pour ces rituels monogames), et 2) ma sortie de cure récente d’une énième MST. 

Tout ça mis bout à bout m’a conduit à la révélation d’une théorie sociobiologique de la monogamie. 

En discutant avec un des médecins qui m’avaient ausculté – et évidemment terrassé de questions bien franches et bien dégueulasses – j’ai appris que les bactéries aujourd’hui sont présentes essentiellement dans la gorge (et pas nécessairement sur les organes génitaux comme attendu). Ce qui donne lieu à une expression particulière dans la bouche de ce médecin barbu (très certainement hétérosexuel et fan de Laspalès) : « allez on va faire une petite gorge ! » « Gorge » désignant par métonymie un prélèvement dans la gorge, et non tout ce qu’une « gorge » par métonymie pourrait vouloir désigner. 

 

 

 

La maladie s’adapte donc, elle est maline. Elle paraît connaître mieux les humains et leurs sales petits secrets que nous-mêmes nous avouons nous connaître. Je crois que je l’ai déjà écrit ici, d’ailleurs. Mais le mieux c’est encore de savoir que certaines maladies ont une propriété presque aphrodisiaque, et qu’en excitant le malade (surtout syphilitique – mais Sontag ajoute aussi dans son livre sur la maladie et ses métaphores que c’est le cas de la tuberculose), elle joint à l’érotisme la propagation des miasmes. 

D’où la thèse assez simple en fait. La monogamie c’est mieux pour éviter les MST.

Si la société l’a recommandée pendant si longtemps c’est essentiellement parce que l’espèce y gagnait d’un point de vue biologique. Il est donc infiniment plus simple de recommander de ne pas céder à l’érotisme, étant entendu que tout érotisme a une part morbide, rebutante... Il suffit de lire la description de l’état amoureux dans la plupart des romans ou des poèmes de l’Antiquité ou du Moyen Âge pour comprendre que le désir considéré comme une maladie n'est pas très glamour – avec ses fièvres, ses tremblements, ses effusions de sang et de sperme… 

On pourrait facilement donc justifier cette conception monogame conservatrice, religieuse et morale sur le seul soupçon qu’elle a en réalité un avantage pratique indéniable. Le même avantage que le pape réclamait pour l’abstinence (le seul problème étant que même les prêtres ne sont pas réellement abstinents).

Mais la contrepartie de cette thèse est beaucoup plus clair encore. Si notre société est parvenu à un niveau de médicalisation tel qu’on peut soigner ces MST, rien ne nous retient plus de nous adonner à la plus démoniaque des fornications, au nom de la même raison pratique.

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Published by NKD - dans sexe
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