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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 03:01

 

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TOP 1 : "Let me show you some black history"

Dans mes moments de doute et de déprime, je bouffe un Macdo. Pour que ça ait l'air moins la lose, j'invite un pote. Et si le pote est un universitaire brésilien très malin que je connais uniquement parce qu'il aime coucher avec moi, c'est pas grave, ça fait le job. En repartant vers la gare, donc, on bouffe un macdo et il me montre un mec rasé, genre légionnaire, blanc, limite rougeaud, sans fioriture et même un peu beauf (wrong sneakers). Et en ajoutant le moins de mots possible, il me fait comprendre que ce mec l'excite. Moi je lui montre un mec métis qui tope une clope à une meuf bourge qui passe devant lui, et qui pourrait lui faire l'amour dans la rue tellement il a du style. Ce pote et moi, on n'aime pas les mêmes genres de mecs. Lui est black, il aime les blancs, moi je suis blanc et j'aime les black (en gros). 

Ce qui est génial c'est à quel point un film porno peut résumer ça. 

Le film s'appelle "une racaille commet une effraction et exige un cul" (mes traductions sont à peine plus littéraires que le titre original). La caméra suit une sorte de daddy black, avec un look de cambrioleur façon cartoon (lunettes et bonnet noirs). On ne sait pas comment mais il arrive dans une grande baraque de bourgeois. Puis on voit le bourge en question. Il porte un pull jacard, a les yeux bleus clairs, et est parfaitement rasé. Le bourgeois est blanc. Et on sent tout de suite qu'on va avoir droit à un bon porno à "érotisme oppositionnel" – avec ces guillemets, je ne cite que moi, hein, mais parler de porno entre guillemets ça prolonge encore l'excitation. 

Tout l'érotisme vient de l'affrontement de deux contraires (je ne connais pas la différence entre pornographie et érotisme – trop subtil pour moi)... Je veux dire, il y a des porno où l'érotisme est redoublé au contraire par le fait que les deux acteurs sont beaux de la même façon. Deux bogosses baisent. Boring. Deux bears baisent ensemble, et c'est presque aussi ennuyeux. Mais y'a tous ces films bizarres où y'a un vieux et un jeune, un bear et un minet, un noir et un blanc, un bourge et un prolo etc. etc. Et là évidemment on se demande combien de temps ils vont maintenir le cliché dominant/dominé, et à quel moment au contraire ils vont mettre à mal ces clichés par la baise.

Le truc donc c'est que le cambrioleur entre dans le salon et voit le petit blanc en train d'écrire sur un bloc-notes : "Roots", son études des racines de la culture africaine. Evidemment, ce que lui dit de façon très approprié le cambrioleur c'est : "tu aimes chercher les trucs black, je vais te montrer... ma grosse histoire black !" Et pour bien se faire comprendre en moins métaphorique : "Tu veux apprendre l'histoire black alors suce cette bite !" Le mec te dit quoi, en fait, il te dit sa bite, c'est l'histoire. Baiser, c'est baiser l'histoire. Sucer une bite, c'est sucer l'histoire. Il n'y a pas de désir hors histoire. Alors ok, la suite du film n'est pas bourrée de surprises (pas de perturbation majeure des clichés). Mais c'est juste cette phrase "let me show you some black history" que je trouve magique. Parce qu'en effet, mon pote brésilien et moi, on a un imaginaire post-colonial. Ce qu'on fait nos ancêtres nous obligent à vouloir baiser ensemble, même si on est noir et blanc. L'Histoire nous a installé un relais direct au niveau des couilles. Merci M. Manhub d'avoir compris ça avec moi.

 

 

 

TOP 2 : tout "Big Dick Bitch".

Là c'est du crade, de l'irrémédiable ; ça va vous coller aux rétines. Et en même temps c'est super drôle. Big Dick Bitch suce Obama déguisé en Michelle, baise les maquereaux, domine les témoins de Jéovah qui frappent à sa porte, drogue les militaires pour les enfermer dans son donjon, et littéralement comme le dit l'un de ses titres "encule la police". Pour les plus gentils d'entre vous, ne regardez pas. Il ne s'agit pas de sexe hardcore, de performance façon TIM, qui aligne les culs dilatés sur les murs d'un musée enrobé d'un discours pseudo-deleuziens. Non. Big Dick Bitch est formidable parce qu'elle enfonce l'imaginaire mental et verrouillé de l'hétérosexualité comme si c'était une porte ouverte. Donc ça explose, quoi. 

Ses vidéos de she-male ou de tranny sex (sorties chez Raw Dogg – dont le logo est un pitbull noir qui monte un pit blanc) montrent en gros ces mecs machos qui pensent avoir affaire à une femme, et qui finalement se disent pourquoi pas sucer et se faire baiser. Mais TS Madison alias Big Dick Bitch est drôle. Elle arrive à attirer à elle tous les freaks de l'hétérosexualité et de la communauté LGBT black. Elle met dans l'ambiance les amateurs et les fans qui viennent la voir tout en utilisant les codes de la culture pop. Elle parodie les scénars de série B et les effets de Tarantino/Rodriguez, se déguise en Wonder Woman, ou rejoue les situation de blaxploitation. Bien sûr, comme toute mini-star du net, elle risque de surexploiter son image et bientôt rester un souvenir vague de plus dans la grande mémoire recombinable du web. Bref, vous la trouvez sur youtube en train de préparer ses interviews.

Mais ce sont les mecs qui sont à la fois attirés par elle et dévorés par elle qui me fascinent. Ils sont comme des papillons brûlés par son charisme étrange. Il y a comme un reste de mythologie de l'androgynie parfaite qui leur reste dans le crâne, et qui s'active chaque fois qu'ils voient Big Dick Bitch déguisée en Wonder Woman ou en perruque rouge. Au début, on se dit naaaan mais ces mecs sont en apparence des hétéros machos parfaits... et bim, ils finissent tous par y goûter. Plein de vidéos de trannies présentent habituellement les trans comme des objets à fantasmes pour des hommes hétéros, mais elles restent muettes. L'idée de BDB c'est de redevenir le centre de l'attention, de retrouver une parole, avec un élément comique indirect dont Big Dick Bitch a pleinement conscience. Elle a ce pouvoir sur les hommes – pas parce qu'elle est une femme cis parfaite – mais parce qu'elle est hors norme. Sa queue aussi disproportionnée que ses perruques, et un cul aussi large qu'une montagne. Big. Dick. Bitch.

 

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Le voici encore innocent, pas encore barbu. Mais déjà avec de gros engins dans la main.

 

TOP 3 : juste une compile toute con d'éjac mais avec Woodkid en fond.

Je ne pourrai jamais dire assez de mal de Woodkid. Il concentre à lui seul tout le pompeux, le fumeux et le vaseux de l'époque. Sa barbe à lui me donne envie de raser ma barbe à moi. Il est l'obsolescence programmée du look barbe + casquette (le jour où moi je m'y mettais un peu, la vache !). Sans le savoir, ce mec va accélérer la fin de toute la musique pop occidentale (enfin ?) pour ne laisser derrière lui qu'un désert radioactif de K-Pop. Ce mec a le genre de barbe dont on a l'impression qu'il se la met le matin en se réveillant et se la déclipse le soir en se couchant... Il mériterait d'être outté, et on devrait remercier plutôt le mec des The Shoes qui écrit sa musique. Mais y'a au moins un truc de bien : sa musique fonctionne sur une compile d'éjac. Le titre "Run boy run" plus précisément. Là j'avoue que ce n'est plus du tout un scénar, c'est presque un projet de montage, d'installation artistique. La compile était en slow motion... Le mec qui l'a posté sur xtube a eu un coup de génie, car le slow motion, c'est la fausse bonne idée des clips de Woodkid (c'est ce qui sert à nous faire croire que waouw y'a du travail) ! Donc dans le fond, cet artisan anonyme du porno a su remettre à sa juste place la musique de Woodkid, et je dis ça sans mépris (pour une fois), c'est-à-dire en bande originale d'une longue branlette laborieuse. 


 

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Published by NKD - dans sexe
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