Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 23:19

 

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D. Duchovny, G. Anderson et C. Carter.

Les apôtres hypocrites du No-sex ?

 

Il suffit parfois d'une cuisine et d'une humide soirée d'hiver pour faire revenir les fantômes du passé. Les petites lumières des fêtes tournoyaient encore dans la nuit, quand une copine australienne et moi sommes arrivés, après un long détour inexpliqué et gratuit sur les cultural studies, à parler d'X-Files.

D'abord, parler d'X-files après ces dix années de folle ingestion de séries, c'est comme décider de faire une pause, de commencer un régime. Cela signifie qu'on est prêts à revenir un peu sur le passé et à trier les bonnes des mauvaises séries et à retrouver, un peu comme dans les familles décom- et recomposées, l'oncle génial ou la tante géniale qu'on a toujours regretté de ne pas être allé voir plus souvent. 

Mon premier souvenir d'X-Files est celui, diffus, d'une écholalie de manteaux et de vestes noirs, de forêts canadiennes, et de musique ultra-chiantes habillant des regards concentrés et des moues interrogatives. Mais la différence la plus frappante par rapport à toutes les séries actuelles, c'est que dans tout ça, point de cul !

 

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Où et quand se faire un plan cul dans une forêt ?...

Une vraie question soulevée par X-Files.

 

Aujourd'hui, il semble inconcevable qu'une série ne montre pas de scène de cul réaliste ou traumatisante. Et pourtant, moi, et des millions d'autres spectateurs avons passé au mieux neuf ans de notre vie à nous extasier devant la micro, voire nano-tension sexuelle entre Mulder et Scully. Un baiser à la saison 7, que je n'ai jamais vu. Un baiser coupé au montage pour le film Combattre le futur. Et c'était tout – ah si, la ridicule grossesse christique de l'agent Scully (point de baiser, mais un bébé !).

X-Files était finalement une série de gros intellos nerds qui avaient peur du cul, dont je faisais manifestement partie. Car contrairement à ma camarade australienne, en raison de ma lointaine parenté avec le continent hétérosexuel, je n'ai jamais été fasciné les échanges minuscules de phéromones entre Mulder et Scully. 

 

Xfiles Geeks

 

Si on veut saisir toute la différence entre ces premières séries "adulte" et celles d'aujourd'hui, il suffit de regarder un épisode de True Blood ou, pour citer le même créateur, le pilote de Six Feet Under. Les scènes de sexe sont brutales, un peu grotesque, et relativement hot. La clé des scènes de cul vampires, c'est qu'elles sont généralement des scènes de badigeonnage de matières (terre, sang...). True Blood n'arrive même plus à se contenter de la mythologie vampire, qui fait du sang un équivalent du désir sexuel, puisqu'à chaque scène de sexe un peu intense, les personnages baisent et se sucent le sang. Bill et Sookie se roulent alors dans le sang envoyant alors directement au pressing tout un jeu de draps en satin. Du porno et du symbole... à moins qu'on ait finalement affaire à une énième déconstruction du symbole sexuel – Alan Ball nous disant purement et simplement : eh, les mecs, le symbole du sang, en fait, ce n'est pas un symbole, c'est vraiment du sang !

 

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True Blood réinvente-t-il la sexualité vampire ?

 

Quitte à prendre les choses très littéralement, je serai assez prêt à réviser mon jugement sur le puritanisme d'X-Files... car après tout, l'absence de vie sexuelle des personnages n'est peut-être, elle aussi, qu'une réelle absence de vie sexuelle. Mulder suggère lors d'un épisode qu'il est plutôt un vieux garçon qui se mate des pornos en buvant des bières. Et les vannes sur le côté vieille fille de Scully sont toutes entières contenues dans le contraste entre son manteau informe et sa bouche pulpeuse. Scully pue le sexe mais se barricade dans son tailleur démodée, voire dans une blouse de médecin (quand elle pratique des autopsies). Sous cet angle, X-Files témoigne de la misère sexuelle inhérente à n'importe quelle vie héroïque.

Mais il y a une scène non ambiguë, que beaucoup peu de fans retiennent, mais qu'on oublie trop vie aujourd'hui. Parce qu'elle paraît justement irréelle, et qu'elle n'a aucun statut narratif claire. A la fin de l'épisode 5 de la saison 5, le fameux "Post-modern Prometheus", Mulder et Scully dansent ensemble dans un bal de monstres. Ils dansent avec tous les pecnauds sur un air de Cher. Il y a du freak et de la pop dans cette scène de danse, à défaut de sang, de sperme ou de merde. 

 

 

Attention, ne criez pas au mauvais goût tout de suite : 1. C'est ironique, mais 2. Cher a réellement été associée à l'épisode (puisqu'il est écrit en collaboration avec elle)...

 

 

Par NKD - Publié dans : trop de séries
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