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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 10:59

 

Scénario ps3 bayonetta 1216594821 4

Bayonetta. Le personnage est bien. Le scénario est bidon.

 

Le jeu vidéo c'est génial, marrant, plein de fun... mais qu'est-ce que c'est con. Il est sain de savoir être con. Parce qu'il est agréable de voir un coup se charger en gardant seulement le doigt appuyer sur le bouton. Qu'il est bon de voir des tonnes d'effets de fumée, de feu, de lumière stroboscopique se déclencher sous le seul prétexte d'un coup de magie. Et qu'il est jubilatoire (le mot le plus dénaturé par la critique vidéoludique) de se sentir triompher d'un boss de fin arrogant, qui mesure vingt six fois plus que son propre personnage. Mais quand les programmateurs justifient platement l'accession du jeu vidéo à l'art parce qu'il copie le cinéma, avec un scénario et des images, on a direct envie de leur envoyer un pain dans la gueule. Les mecs, vos scénarii sont à chier. 

D'aucuns diraient qu'un jeu contient trop de rebondissements pour ne pas finir en salmigondis informe. Multiples personnages, multiples niveaux dont il faut justifier l'existence, boss de boss, bras droit de bras droit. Ils ont raison – tout ça est aussi insoluble qu'une équation à dix degrés, ou qu'une saison de Flashforward. Mais on pourrait se contenter de faire un scénario tout aussi linéaire : on bute un boss, et le deuxième vient venger le premier, mais il est plus gros, le troisième vient venger le deuxième, mais il est encore plus gros et porte un bandeau de pirate. Etc. Un bon scénario, ultra plat, mais à l'exacte mesure du plaisir du joueur.

Le problème vient surtout de ce que ces "scénaristes" prétendent faire artistique, ou plutôt cinématographique – bien qu'on connaisse mieux qu'eux tous les twists possibles de fin de films. Du coup, ils plaquent ce qu'ils pensent connaître sur un jeu dont l'essence est de combiner des ronds, avec des croix, des carrés ou des triangles. C'est le cas Bayonetta, le beat'em all le mieux noté de tous, le plus applaudi de tous, conçu par le père des Devil may cry, Hideki Kamiya, qu'on accablera donc ici. Mais c'est très probablement le cas de plein de RPG interminables – tous les Final Fantasy, certainement... mais jouer une soubrette écolo aux gros yeux qui forcent des créatures mignonnes à se battre, et qui s'entoure d'autres persos aux yeux encore plus gros, me fait personnellement flipper.

 

Scenario_final-fantasy-xiii-lightning.jpg

Quand on est aussi mignonne que ça, on a plutôt envie de monter un groupe d'emo

plutôt que de risquer de se faire violer par des monstres, nan ?

(et ça vaut aussi pour les personnages masculins)

 

Dans Bayonetta, on joue une sorcière (habillée comme une pute paraguayenne – aucune idée de ce que ça donne mais ça sonne bien). Une sorcière, mais tiens tiens tiens... qui a perdu la mémoire. Donc ça, les mecs, on sait que c'est un truc de scénariste depuis qu'on a l'âge de regarder des dessins animés à la télé – et on a tous bien fait chier nos parents pour savoir si c'était possible dans la vraie vie. Très mauvais départ cette amnésie, d'autant qu'elle n'est pas expliquée une fois.

Bayonetta, comme elle ne sait pas qui elle est, a des flashbacks dès qu'elle aperçoit un truc. Au hasard une autre copine sorcière, Jeanne. Et là, dès la deuxième cinématique, on est paumé. Car les gentils scénaristes nous laisse flotter dans une incertitude typique des jeux vidéos. Elles sont amies ou ennemies ?... pourquoi Jeanne ne l'aide pas, ou sinon, pourquoi elle ne la tue pas ? Oui, car dans notre monde, c'est à peu près ce qui devrait arriver si on a des flingues magiques, et l'assurance de n'éprouver aucun regret, et qu'on ne sait pas qui on est mais qu'on se souvient seulement que cette personne nous a buté dans le passé. Mais dans le monde du jeu vidéo, manifestement, tout doit pouvoir être réversible, infiniment recomposable, sauvegardable. Imaginez un jeu, où vous n'auriez le droit qu'à une seule vie, une seule sauvegarde... là ça déconnerait moins. On serait tellement flippé de rencontrer un type chelou qui nous rappellerait le passé qu'on le tuerait immédiatement, ou qu'on chercherait tout de suite un bar virtuel pour se bourrer la gueule (à condition qu'on ait des euros magiques en poche en plus d'un flingue magique).

Je vous rassure tout de suite, cette Jeanne, c'est super simple : elle vous bute il y a 500 ans, vous la butez une deuxième fois, puis une troisième fois, puis elle se souvient que vous êtes copine, alors elle vous sauve, et elle meurt, puis finalement non, elle vous ressauve, puis vous mourrez, puis nan, vous êtes vivantes. Encore une fois... Mario lui ne s'encombre pas de justification scénaristique pour savoir pourquoi il revient dans le niveau une fois qu'il a glissé dans le trou, ou qu'il s'est pris une plante carnivore dans le cul. Car Mario, lui, il s'en fout du cinéma. Et il a raison.

 

Scenario_double-dragon.png

Double Dragon. Un vrai scénario de jeu vidéo.

Un mec tape un autre mec, qui a envie de lui coller une beigne en retour. Rebondissement : l'autre mec décide de revenir le taper au tesson de bouteille... La vraie vie, quoi.

 

Dans Bayonetta, il y a finalement "tout un univers". C'est comme ça qu'on dit quand il n'y a plus d'histoire. Un univers cohérent au moins ? Aussi cohérent qu'un résumé de la continuité DC, aussi compréhensible qu'une notice de four micro ondes multi-fonctions... ça l'est probablement, mais on va plutôt se contenter du minimum. Les anges (répartis en plusieurs niveaux) sont méchants, et les sorcière sont gentilles (eh oui ! – et on sent que ces scénaristes japonais dans un bureau ont dû se dire mais qu'est-ce qu'on est malin... on a inversé le bien et le mal !). mais vous n'êtes pas vraiment une sorcière, vous êtes mulâtre, mi-être de lumière mi-sorcière, pourtant, vous avez le pouvoir de l'oeil gauche des sorcières... Vous avez le cul entre quatre chaises autrement dit, deux chaises pour chaque fesses. vous avez des problèmes d'identité si grave, et un sex appeal si évident que vous devriez mieux de tourner dans un film de Woody Allen et sortir avec un vieux qui au moins peut vous apprécier à votre juste valeur. Mais on n'a rien dit tant qu'on n'a pas dit l'essentiel : vous recueillez une enfant dans le jeu. Et cette enfant... c'est vous ! Qui avez été projetée dans le futur (on ne sait pas comment) au moment où Jeanne (votre meilleure copine) vous a tué. Du coup, quand vous récupérer la petite fille, vous finissez par vous élever vous-mêmes, et devenir victime du paradoxe de l'écrivain : vous devriez avoir le souvenir de vous être élevé vous-mêmes dès le début du jeu... Quant à la fin du jeu, c'est grandiose : Bayonetta tue son propre père (c'est mal parti si elle voulait naître un jour... mais passons, tout le monde n'est pas aussi habile pour l'embrouille que les scénaristes de Lost), et tue le super créateur du monde et de toute chose... mais sauve le monde !

 

En fait, le plus drôle, c'est que Bayonetta est un personnage malpolie. Elle bute immédiatement le premier ange qui ouvre sa gueule pour lui expliquer qui elle est et pourquoi elle fait ce qu'elle fait... "Bam !". Puis elle rebute systématiquement tout ceux qui lui parle un peu trop longtemps. C'était la seule bonne intuition des scénaristes. Bayonetta, paradoxalement, c'est pas une péteuse qui apprécierait le scénario de son propre jeu vidéo – elle est l'essence même du bon gamer qui sait ce qu'est un jeu, et qui a envie de coller à pain à tous ceux qui lui expliquent que "nan, y'a quand même un scénario dans les jeux vidéo. Par exemple, dans Final Fantasy 17, il faut sauver l'arbre magique, parce que sinon...." – Bam ! Dans ta gueule.

 

Scenarion_bayonetta-06.jpg

On n'y comprend rien, mais on tape dessus quand même.

 

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 03:41

 

Psychoreader nemesis

Nemesis, de Millar et McNiven. "Et si Batman était le Joker ?"

Et si j'étais un post-ado justifiant ma régression pour la culture pop ?

 

Nemesis, Black Summer, No Hero, Logicomix... je voulais parler de toutes ces petites bédés merveilleuses. Mais pour prétendre à l'honnêteté, il faut en préalable que je présente objectivement mes préférences... que je dresse le portrait du genre de lecteur que je suis, le profil du genre de taré que je peux être – me faire enquêteur et bête traqué.


Après des années de vaines discussions avec d'autres bédéphiles, j'ai appris à me méfier des goûts des autres. La plupart des lecteurs que j'ai rencontrés – et c'est valable pour l'énorme partie des consommateurs de culture populaire – sont soit des routiniers, soit des puristes. 

Les routiniers lisent ce qu'ils lisent depuis qu'ils sont tout petits, ils n'aiment qu'un genre, ils n'aiment qu'un héros, et bouffent de lui tout ce qui passe. Ils pensent que la bédé c'est le lieu où on peut relâcher son exigence esthétique, dire "chacun ses goûts" en ne risquant pas de tomber sur un censeur. Tout leur problème vient d'ailleurs de là, ils ne savent pas apprécier la bande dessinée et finissent par la sous-estimer pour pouvoir en jouir.

Quant aux puristes, ils n'ont de cesse d'établir des grands critères d'authenticité, et de répèter tous les dogmes de quelques docteurs ès bédés sortis de nulle part. Les dogmatiques d'Alan Moore, les pontes de Tintin, les ascètes de l'Association, ou encore les conjurés de Schuiten et Peteers... Leur effort revient à tenter de parler de la musique aussi généralement qu'ils pourraient le faire en englobant Mozart, Boulez, Pink Floyd et Britney Spears, tout en prétendant que seul Bob Dylan vaut vraiment le coup. Ah, l'objectif est noble. Il faut à tout prix montrer que la bédé est un art (pour pouvoir la goûter). Ils surévaluent la bédé pour pouvoir en jouir. Mais à force de justifier leurs lectures en plaquant les outils de la critique littéraire, leurs goûts devient non seulement vaseux, mais surtout déconnectés du genre populaire qu'est la bédé et des genres de bédé eux-mêmes.

Quant à moi, je ne suis pas un puriste du tout, ni un routinier. La bédé est un truc viscéral, de l'ordre du besoin. Je mange de tout mais pas n'importe quoi. Il faut que ça nourrisse la bête, mes névroses, que ça fasse réagir ma mémoire, que ça fasse clignoter sur IRM mes peurs et mes fantasmes. Le meilleur signe pour choisir une bédé est celui-ci : si un un dessin vous impressionne au point où vous continuez à y penser pendant plusieurs jours, alors vous devez la lire. Akira de Kastushiro Otomo m'est resté gravé dans la tête pendant plusieurs années avant de ne pouvoir ne serait-ce que l'ouvrir. Je n'avais qu'une petite image de Kanéda en moto avec son pistolet laser et un descriptif qui annonçait le manga comme "adulte". Plus tard, j'avais pu glaner quelques extraits dans "un oeil du cylcone" sur canal plus... jusqu'au jour de la révélation (et un revisionnage d'environ une vingtaine de fois depuis). 

Psychoreader. En trois points.

 

 

Psychoreader akira-0002

Testuo, le meilleur pote de Kanéda et monstre hybride camé. 

 

La bédé, c'est des tripes et des monstres. 

Conviction de gamin qui a lu les comics du père en même temps que les astérix de grand mère et le dictionnaire médicale de la mère. Si on ne voit pas un type se faire arracher les bras, un blob organique dévorer un enfant, ou une ville se faire dévaster par un demi dieu... ce n'est pas une bonne bédé. Mais attention, j'adorais astérix pour les mêmes raisons. Parce que toute la violence d'Astérix est aussi déformante que celle des comics : visage caricaturé, bras étirés, super effets de la potion magique. L'adulte que je suis devenu en tire cette conclusion générale : toute bande dessinée traite de déformation.

Une peinture ne représente que de façon unique un corps. Aucune déformation possible à moins d'une comparaison avec le modèle. Et même dans ce cas, on ne peut pas observer d'infinité de déformations. Le dessinateur en reprenant en permanence la figure du personnage peut travailler toutes les variations qu'il souhaite, aller bien plus loin qu'au cinéma. 

 

 

Psychoreader Harzackcp2

L'Arzack de Moebius. Poétique et scato. 

 

La bédé c'est du traumatisme en barre. 

La bande dessinée n'est pas exclusivement un art de la narration, ou de la séquence – il est davantage un art synchronique que diachronique. Ou plutôt la narration c'est ce qui m'oblige à passer à la case suivante, c'est le suspense qui m'oblige à décoller mes yeux des détails de cadavres et de bastons cosmiques. Dans le fond, le scénario n'a que cette fonction là. Si j'attendais plus d'un scénario de bande dessinée (désolé les mecs), je lirai un livre ou je regarderais des séries américaines (ce que je fais déjà). Dans la formation de mon oeil de bédéfan, ce qui a compté c'est le temps à scruter les détails que les planches m'offrent.

La bande dessinée fige le temps de la narration et c'est ça qui est bon. Tous les héros explosent les méchants un à un en leur faisant manger leurs jambes et leurs bras. Qu'à cela ne tienne, il suffit de regarder la "splash panel" encore plus longtemps que d'habitude. Tout le monde a adoré l'effet bullet time de Matrix. La bande dessinée c'est ça depuis le début. Tous les chocs sont figés, scrutables indéfiniment. Qu'il doive y avoir un art de la case lubrifiante, c'est-à-dire assez simple et courte, pour passer à une autre, certes. Mais un album de bédé ne sera jamais un simple flip flap à lire à toute vitesse.

alors certes, le traumatisme peut être causé par la suggestion, par la vitesse, par des effets qui sont de l'ordre de la mise en scène et plus de la représentation graphique. Les mangas font ça super bien. Mais tous ces découpages ultra-serrés ne font que servir le dévoilement final du super méchant, ou du super monstre. Et là : traumatisme.

 

Psychoreader_Death_of_Flash_01.jpg

La Mort de Barry Allen, le second Flash, lors de Crisis on Infinite Earths.

Il ne meurt pas pour rien puisqu'il détruit quand même le canon à anti-matière d'Anti-Monitor. 

 

On peut commencer une bédé par tous les bouts.

A force de lire des comics ou des mangas, ou des séries en général, il m'a fallu lire l'histoire par tous les bouts, quitte à inventer les pans de récits manquants. Je passe sur l'inventivité que ça peut susciter chez certains esprits préparés. Mais grâce à ces longs moments de stupeur sur ma moquette, à me demander à partir de quand Jean Grey était devenu le phénix noir, j'ai compris une caractéristique profonde de la bande dessinée. Il n'y a pas de linéarité en bande dessinée – on pourrait dire dans toute forme d'art populaire en général. Peut-être. Mais particulièrement en bande dessinée, puisque tout y est figé, non temporel. La synchronicité domine (et encore une fois, ne vous faites pas avoir par ceux qui vous explique que la bédé est une sorte de story board chiadé).

Vous pouvez remonter à tout moment les cases, alors qu'il serait hérétique de le faire en regardant un film (car chaque seconde est pesée). Sans compter que les explications de toutes les séries sont redondantes à souhaits. Le créateur de Naruto lance des flashbacks à en être écoeuré à chaque confrontation avec Sasuke. Chaque comics commence par un splah panel plein de cases d'explications, et les héros commentent chacun de leurs gestes dans des tautologies sans fin. Tout est fait pour une lecture polyrythmique (ou poly-autre chose, je suis une brelle en grec).

L'inconvénient pourrait être qu'il n'y ait pas plus de vrais fins qu'il n'y ait de vrais débuts. Mais nous sommes modernes, responsables de nos histoires, et fous d'interprétations – et dans ce cas, il n'y effectivement pas de fin. 

 

Psychoreader time-in-watchmen

"Tout ce qu'on voit des étoiles, ce sont de vieilles photographies."

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 23:50

Pas besoin de diagnostic. Ma fureur primale de bite qui pète passe doucement de coup folie à idée de génie. J'inaugure ici ma nouvelle rubrique (peut-être très éphémère – c'est ça qui est génial avec les blogs, on sait jamais vraiment où ça va) : Bito (la bite qui pète) réagit à l'actualité.

Exemple :


 

Le foot. 

 

Bite-Prout_Football.jpg

 

L'été pourrie.

 

Bite-Prout_degueu.jpg

 

Le foot encore. 

 

Bite-Prout_traitre.jpg

 

 

Voilà, je crois que ma carrière de caricaturiste est lancée. Je suis devenu le nouveau Plantu, plus subversif évidemment. Ma bite aplatit tout. Elle est tout à fait à la hauteur de la dépolitisation et du nihilisme morale contemporain. Elle proute sur tout. Je demande à l'état de ne pas sauver l'équipe de France mais de délivrer un badge "Bito la bite qui pète" à chaque Français pour mieux traverser la crise. 

 

La solution de Bito face à la crise.

 

Bite-Prout_Crise_solution-de-Bito.jpg

 

 

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 02:32

 

 

 

Plus le temps passe, plus j'apprends à me connaître. Et je crois que Psycho Mag devrait s'inspirer de ma vie et de mon infinie capacité à rebondir (à petits bonds très rapides). J'ai découvert en effet que j'avais une grande tendance à dessiner des bites qui proutent dès que je suis véner (ce qui fait de moi le mec le plus pacifique et le plus cool de toute la planète – avis à tous les blacks gays à lunettes de la planète susdite).

 

 

 

Enorme potentiel comique de cette vidéo, si vous arrivez à imaginer "Willie" Mickey en bite tout le long du film.

 

 

Aujourd'hui, il a fait très moche et on est en plein été sa mère. Depuis trois jours, j'ai un boulot de merde à faire. Hier, un pote-qui n'est-plus-un-pote-mais-c'est-compliqué passe dans la rue et me paralyse le cerveau pour le reste de la journée. Il est donc tout à fait logique que je me dise "Putain, je suis véner"... Mais au moment où je me le dis, dans la même idée, il en sort tout de suite une autre de derrière, comme le diable dans la boîte : "putain tout à coup, j'ai très envie de dessiner des bites qui proutent." 

Psycho Mag se dirait : "cette bite qui proute, c'est n'importe quoi, autant dessiner des petits coeurs ou des papillons" – mais non, psycho Mag, tu dis n'importe quoi, cette bite qui proute a une histoire, elle a une vraie valeur. Elle est la rencontre de deux traditions séculaires : ma fascination pour les bites à tête marrante (façon "steamboat willie") et la tradition des prouts vengeurs de mon pote le Docteur Justice. Naît alors l'idée d'un monstre suprême : la bite qui proute. C'est l'équivalent du mégaZord quand tous les Zords (camion, auto et moto) des Power Rangers s'emboîtent pour former le grand Robot. 

 

Bite-Prout_Matrice.jpg

La bite qui proute originale. Matrice de toutes les autres. Simple et efficace.

 

Flashback. Le proute vengeur est initalement peint par Docteur Justice pour se venger des injustices commises à l'endroit des indigents et des honnêtes citoyens. Là encore, il ne faut pas faire de contre-sens, notre justicier ne s'attaque pas au Mal spectaculaire, ou au Mal qui cache la forêt. Il ne bute pas les méchants et n'arrête pas les délinquants. En réalité, il entreprend bien plus courageusement la forêt cachée par l'arbre, la forêt du Mal Ordinaire : un steack servi froid, un voisin quarantenaire qui joue du jazz-rock à dix heures du soir, ou une agence immobilière qui essaie d'entuber un honnête étudiant locataire, voilà ce qui déclenche sa fureur. Le dessin initial est une vraie tuerie graphique : un prout sort d'un cul. Wouah. Infligé à l'aide d'un marker indélébile toute surface : capot de voiture, vêtements blancs, ou vitrine de magasin. Complété par un "prout" en toute lettre à côté du dessin, pour que la sanction soit lisible de tous. Les cibles se trouvent alors définitivement marquées du sceau de l'infamie. Et la justice est rétablie, grâce à Docteur Justice (je reviendrais sur ses frasques un jour prochain). 

 

Bite-Prout_Dr-Justice.jpg

Bite Prout Dr Justice 2

Passage du prout vengeur du Dr Justice à ma représentation révolutionnaire de la bite qui prout.

Un dessin. Une vision. Un monde.

 

Lorsque j'ai été initié au secret de Docteur Justice (sous une identités secrète), une remarque s'est fait jour immédiatement dans mon esprit : "Mais ce prout ressemble furieusement à une bite !" A partir de là, une collaboration est devenue possible. Et il a fallu moi aussi que je sois confronté à la colère pour réaliser enfin ce grand oeuvre. Une collection de bite qui proute.

 

Bite Prout Anus

Ma bite qui proute numéro 2. Un détail supplémentaire a été ajouté... 

"Après ça, il n'avait plus de limites. Tout s'est emballé très vite et il n'a pas pu être maîtrisé."

(dixit quelques amis témoins de la scène)

 

Dès que j'ai commencé, les idées ont fusé : une bite qui proute avec des lunettes de soleil ; une bite qui joue de la batterie et, tout à coup, qui proute ; une bite qui proute mais qui va au cinéma... je suis soudain devenu aussi inventif que Guillaume Canet et Renan Luce réunis. Adieu la colère. Bonjours la gloire – et si ce n'est la mienne, en m'éliminant de la course à la célébrité aussi brillamment, celle des autres au moins. 

Je vous donne sans plus attendre : ma collection de bites qui proutent. 

 


Bite-Prout_joyeux.jpg  

N°2       

Bite-Prout_triste.jpg

N°3

 

Numéro 2. La bite joyeuse qui proute. "J'ai très vite décelé une capacité dans mon personnage à incarner vraiment les émotions."

Numéro 3. La bite triste qui fait un pet foireux (forcément). 

J'ai alors entrevu que ces bites étaient non seulement douées d'émotions, mais qu'elles pourraient agir sur le réel. Peut-être même changer le monde...

 

 

Bite-Prout_cow-boy.jpg  

N°4                                                                     

Bite Prout Canon

N°5

 

 

Numéro 4. La bite cow boy. Elle tire, elle pète. Normal.

Numéro 5. La bite canon. C'est un peu le kaméhaméha de la bite. Une technique, qui sera probablement maîtrisée dans le futur grâce à la science.

 

Mais le rôle d'un vrai visionnaire n'est-il pas de voir plus loin...? Il devenait crucial d'imaginer qu'une bite pouvait voyager dans l'espace le temps d'un pet (Numéro 6). Et surtout, de dégager le sens de cette avancée cruciale (Numéro 7) en redéfinissant les limites du genre de la bite qui proute.

 

Bite-Prout_decollage.jpg  

N°6 

 Bite-Prout_Intello.jpg                                                                  

N°7

 

Soudain, tout est devenu absurde, tout est devenu possible. Je ne pouvais plus distinguer le haut du bas, le beau du laid, et mon crayon s'est mis à gratter la palette graphique frénétiquement pour assouvir les fantasmes de mon esprit malade.

 

Bite Prout Superman

N°8       

 Bite-Prout_Missile.jpg

 

N°9

Bite-Prout_meduse.jpg

N°10

Bite-Prout_Matrix.jpg

N°11 (la bite Matrix)

 

 

Jusqu'au chef d'oeuvre final, épuré, emprunt d'humilité et de sagesse....

 

Bite-Prout_en-toute-simplicite.jpg

 

 

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 23:20

 

 

 

Baise banana split

 

Une conclusion s’est imposée après plusieurs soirées finies en sueur. Il faut un argumentaire pour défendre cette vérité. Car la propension à juger quelqu’un sur la satisfaction qu’il accord à son appétit sexuel ne se dément pas, et ne démentira peut-être jamais. Il faut donc protéger les soldats de l’amour sexuel.

Freud prévenait que la « bonne morale » – la morale de grand-mère – était toujours une morale du slip (ce ne sont pas ses termes – alors sentons-nous libres – une « morale du slip sale »). On jugera toujours plus sévèrement des hommes qui ont des mœurs dissolus que des hommes qui affichent leur normalité sur le plan sexuel et sont pourtant capables de mentir, d’assouvir leur cupidité, et d’être aussi généreux qu’une hyène.

Aussi choquant que cela puisse paraître aujourd’hui, grand-mère a raison. Le slip sale nous intéresse. La presse et tous les plus antiques commérages se sont nourris de cette vérité. Pourquoi ? Parce qu’on estime à travers la sexualité d’un homme la capacité qu’il a à se maîtriser, voire plus encore, à sa capacité à "sublimer". 

Pas besoin de plonger dans une théorie freudienne pansexuelle pour justifier son intérêt pour la sexualité d’autrui.  Quelques banalités suffisent. Ce qu’on appelle sublimer, ce n’est rien d’autre que transformer ses appétits sexuels en des appétits socialement acceptables, c'est-à-dire profitables à soi et aux autres. Ainsi, connaître la sexualité d’autrui est un motif de confiance ou non. On ne fait pas confiance à celui qui est incapable de se maîtriser. Au type bien qui se branle en public, au gars sympa qui baise les femmes mariés, au pote super cool qui organise des partouzes. On fait modérément confiance à celui qui se maîtrise mais qui rend public le moindre de ses fantasmes. Ou à celui dont le rictus sur le visage autorise à imaginer une vie de débauche aussi folle que celle d'un satyre. On fait un tout petit plus confiance à celui qui se maîtrise entièrement, se transforme en ascète, en moine, en statue de marbre, et s'arrache la première pulsion qui déborde. Mais on fait surtout confiance à celui capable de donner suffisamment de motifs secondaires à ses vraies intentions pour les masquer. Le moine n’agit pas, alors que l'homme qui rend ses pulsions utiles en les assouvissant régale tout le monde. On préfère l’égoïsme énergique, à la passivité éthique. Je suis sûr qu'un évolutionniste doit avoir eu la même idée que moi, et pourrait sortir immédiatement de terre tout de suite pour nous le dire : l'égoïsme énergique est profitable pour l'espèce (merci Darwin pour avoir donné du boulot à tous ces mecs qui n'ont qu'à répéter qu'un truc est profitable pour l'espèce). 

En attendant, plutôt que de justifier la morale de mamie avec l'évolutionnisme de pépé, on va se donner un peu les moyens d'armer les soldats de l'amour, pour qu'ils tirent tout ce qu'ils peuvent d'arguments pendant les conversations de cul arrosées.

 

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Ils se bourrent la gueule ? Non, ils parlent philo.

 

La baise est bonne. 

Notre premier argument est que les attaques contre la vie dissolue prennent toujours appui sur une fiction, qu’il faudra bien déconstruire un jour. Les mots que nous employons entretiennent d’ailleurs l’ambiguïté à dessein, et force l’attaque de nos adversaires sur ce point précis : baiser, c’est avoir des relations sexuelles sans âme, sans cœur, sans esprit. Et les mêmes qui diront combien l’amour leur procure des sensations physiques agréables, se mettront pourtant à cracher sur un plaisir physique sans amour.

Ne versons pas tout de suite dans le sarcasme. Cet argument de la baise sans âme est intéressant. Parce qu’il est faux mais qu’il paraît vrai à tout le monde tant le mythe circule. La salope est condamnable parce qu’elle baise facilement, sans cœur. La pute également est sans cœur. Le queutard encore, est sans cœur – mais moins condamnable. Et ces personnages, on les voit partout. On en est obsédé. Alors qu’ils n’existent pas.

 

Baise_yakotokioz-sake-femme-nue.jpg

La belle tradition des verres de saké : les filles de mauvaise vie sont partout, même au fond des verres.


Une relation sexuelle appelle une excitation, qui, n’en déplaise à certains, n’est pas causée par les « chaleurs » de nos corps, mais bien par notre cerveau et donc par nos fantasmes. Ainsi, entre l’amoureux qui baise, ou le queutard qui se soulage, il y a toujours le même cerveau, le même esprit qui travaille. On dit qu'on a une bite à la place du cerveau, mais on a surtout un cerveau à la place de la bite.

La baise n’est donc jamais sans âme. Car, baiser (rapport sexuel mutuellement consenti) c’est au minimum comme dire bonjour, il y a contact et civilité. On baise avec son cerveau, et commettre le péché de n’être plus qu’un corps est finalement difficilement envisageable. Ou si c’était possible, ne faudrait-il pas faire plonger aussi le sportif, le musicien, le maçon – qui eux aussi se définissent par l’usage de leurs corps – avec le pauvre queutard ?... En fait, on pourrait passer des livres entiers à raconter des plans cul qui sont autant de saynètes, courtes mais denses, intrusives et grotesques, où on verrait que ces baiseurs laissent toujours derrière eux des traces d’intimité et de vie – malgré eux. Comme des escargots. Et quelle mise en scène lorsqu'on essaie de gommer ces civilités ! 

Enfin le queutard ne pèche pas par promiscuité, en sacrifiant sa précieuse intimité, à la publicité du regard d’un inconnu. Sinon quelle différence entre la baise et l’amour, car l’amour… c’est précisément partager une intimité ? 

On ironise souvent sur celui qui après l’orgie se retrouve vide, défait et surtout : tout seul. Mais l’ironie de celui qui se retrouve un matin, lié, plus jamais seul, plein de responsabilités sur des vies qu’il ne contrôle pas… il ne faut pas oublier cette ironie-là.

 

Baise_celebrity-image-woody-allen-233427.jpg

"hmm.. oui, je crois que notre ami de Gays and Geeks a raison : on a tous une bite à la place du cerveau, et un cerveau à la place de la bite ; je n'aurai pas su dire mieux."

(merci Woody)

 

Qui a déjà parlé de cul en mangeant sait que tous les convives trouvent vite une relation forte entre manger et baiser. On mange comme on baise et vice et versa. Dans les deux cas, il y a toute cette confrontation traumatisante à l'organicité du désir, et ses conséquences. Il y a encore toute une maîtrise à découvrir et à perfectionner, toute une économie du désir à construire (se retenir ? quand ? Combien de frustration pour combien de satisfaction ? Savourer ou bouffer ? Revenir toujours aux mêmes plats ou goûter des choses nouvelles ? etc. etc.). Filer la métaphore de la cuisine au sujet de la baise est notre meilleur arme. C’est le versant positif de notre réponse graduée.

Baiser se résume à un parti pris fondamental sur la vie : préférer la variété à la répétition. 

Le problème qui hante celui qui pense vouloir aimer c’est d’élire une seule personne alors qu’il y en avait tant d’autres. Et la vérité, on la connaît tous : c’est le hasard, ou les lois de l’attraction sociale qui nous ont poussé dans les bras de telle ou telle personne. Jamais nous. Car on sait tous aussi qu’il est facile de se dire après coup, quand toutes les options ont été éliminées par l’ennui et la peur de mourir seul : « c’était lui/elle qui était fait/faite pour moi. »

 

Baise tarte aux pommes

 

D’un point de vue culinaire, tous les ripaillons peuvent vite se mettre d'accord : se poser, s’installer, construire quelque chose avec quelqu’un revient à n’aimer qu’un plat. Un dialoguiste de comédie sentimentale, un jour a glissé cette phrase, au beau milieu des violons, pour justifier l’amour d’un des personnage : « tu es comme une tarte aux pommes, on aura beau goûter à toutes les patisseries du monde, toutes les viennoiseries possibles, on revient toujours à la tarte aux pommes. » Mais, le point crucial, c’est qu’on doit goûter à tout le reste pour apprécier la sécurité de la tarte aux pommes. La métaphore culinaire ne justifie pas l’amour fidèle, mais le plan cul régulier, le chevalier baisant, le fuck-friend. Et la baise sans âme tolère absolument le plan cul régulier. Le pragmatisme du cul l’a toujours toléré et même encouragé pour parer à toute urgence sexuelle.

Une autre défense faillible de la vie à deux, et de l’exclusivité de l’usage des organes sexuels de son partenaire, consiste à dire : « tu es comme mon condiment préféré, ma petite pointe d’épice que j’aime retrouver partout. » Plusieurs étonnements : (1) ne faut-il pas encore varier les aliments pour en apprécier la sauce magique et régulière de l’amour ? Bref, ne sommes-nous pas en train de faire l’éloge du plan à trois, de l’orgie ou de l’échangisme, plutôt que de l’amour ? (2) Ensuite, n’est-ce pas au moins revenir sur l’importance de la fidélité sexuelle que de la changer en un condiment ? Qui plus est la fidélité sexuelle n’est pas une qualité positive, un condiment, c’est plutôt une qualité négative un interdit, comme l’est l’importance de ne pas gâcher un plat avec trop de sel, ou trop d’épices. 

 

Baise_american_pie_18_tarte_aux_pommes.jpg

American Pie : la rencontre éclaboussante du sexe et de la gastronomie.

 

Si la baise et la bouffe sont bien les deux choses les meilleures au monde, il n’y a qu’un moyen de les voir concilier par une philosophie de la bouffe et de la baise vraiment unifiée : aimer la variété. Nous pensons quant à nous qu’un régime équilibré est meilleur pour la santé.

 

 

 

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 02:45

 

Icone gay Quinton Rampage Jackson movie set

Rampage Jackson, le bon pote de tout le monde.

Doit-il nécessairement passer pour une icone gay pour exister ?


Un nouveau film, un nouvel acteur à présenter. Un nouveau public à conquérir, et déjà il doit passer pour une icône gay. Soit la majeure partie du monde des médias est gay (après tout, ils se maquillent tous avant de passer à la télé)... Soit la majeure partie du monde est gay (après tout, si tout le monde fait la gueule c'est peut-être parce qu'on est tous des gays contrariés – super théorie pour expliquer la crise)... Soit... ce n'est qu'un phénomène linguistique, une étiquette qui se pose là, une sorte de rituel de passage, complètement symbolique, comme se mettre à genoux en entrant dans une pièce quand on est initié aux rites francs maçons. 

Le dernier bizuté en date est Quinton Jackson Rampage, l'ultimate fighter américain choisi pour jouer Mister T. Une foule d'informations m'est parvenu par petits bouts sur son compte, qui s'organisait autour de cette base-line : Quinton Dévastation Jackson est-il une icone gay ? 

 

Icone gay Rampage et Liam Neelson

Il fait gay, vraiment. Pourtant, il a beaucoup moins de ferrailles et de bijoux que Mister T autour du cou.

 

Il est viril, black, fier d'être du Mississipi, de Memphis, et a priori, même en slip dans l'octogone, même en face d'un autre mec en slip, il ne frémit pas une seule seconde du cul. Ce n'est pas, mais alors pas du tout le faux-bourdon proustien, qui bouge son arrière train comme une Maya l'abeille gay et hystérique pour attirer les autres faux-bourdons (comme pourrait l'être Mickey Rourke). Pas de bijoux. Une femme, quatre enfants, qui portent "Rampage" en deuxième prénom (la grande classe), ou "Paige" pour sa fille. Un charme indéniablement proportionnel à la largeur de ses mâchoirs. Un sens de l'humour essentiellement dépensé à clasher les journalistes, ou à se frotter à ses intervieweuses comme un chien en chaleur. En fait, il a tout pour passer pour le bon pote d'une bande de mecs de huit an et demis. Il est drôle, et essaie d'envoyer autant d'énergie positive que possible tout en défonçant des mecs. Vraiment un mec bien. La preuve.

 

 

Être un mec sympa. Leçon numéro 1. La danse stupide. (c'est la deuxième vidéo de sa danse chelou)

 

 Être un mec sympa. Leçon numéro 2. Se transformer en machine à baise indomptable. La vraie vie. Une bonne vanne, répétée avec une autre journaliste d'Ultimate Fighting.

 

Un mec sympa a le souci d'être compris de tous, alors Quinton fait des vannes simples. Pour être compris de tous, on fait des vannes de cul. Le gag de répétition marche aussi assez bien. Vous mixez les deux avec une bonne dose de fraîcheur, et ça roule pour Quinton. Mais il se peut que vous en ayez marre de le voir si plein de succès à éculer les classiques de l'hétérosexualité. Du coup, vous pouvez aussi préparer votre vengeance pour défendre la complexité du genre. Les Inrocks, par exemple, décidés à casser l'Agence tous risques, la prochaine merde blockbusterisée, arrose à tout va, et multiplie les combinaisons sexuelles possibles. "Liam Neelson se déguise en annie Lennox option Malboro Classics". Car seuls les fins limiers de l'analyse sémiotique peuvent nous dire ce qui est masculin ou féminin. Concernant le plus unidimensionnel de tous, il n'y a évidemment aucune évidence. De Rampage, on peut ainsi lire qu'il est "juste bon à aller se la rouler sur un char de la gay pride de Mulhouse." On continue : "Admirez son regard coquin téléphoné, ses Caterpillar en daim too much (dédicace à l'homme des chantiers des village people), et sa gentille pose de bear coincé." Et de conclure : "un Barracuda à voile et à vapeur." Rampage, la nouvelle star montante du cinéma, a été transformé en icone gay.

Icone gay A-Team-2014

Un jour, vous aussi, vous finirez décortiquez par les sémioticiens. Alors faites moins les malins.

D'abord, la vérité. Rampage est franchement fade sur l'affiche. Il n'a pas de regard coquin. A peine un regard de tueur normal, à utiliser dans le métro en combat de regard classique. Ses caterpillars sont sobres, en daim, comme la moitié des rappeurs depuis les années 90. Elles pourraient être le seul véritable accessoire gay, peut-être. Mais à vrai dire, la culture gay a mis ses billes un peu partout depuis vingt ans. Tous les costumes de militaires, de pompiers, de policier sont susceptibles de faire passer un mec pour gay à ce prix-là. Quant à la "gentille pose" ou le "bear coincé", ce sont de pures étiquettes. 

Icone gay guys-in-a-tub-so-gay

"Hmmm... Looks gay."

Et voilà, aujourd'hui, même un bon bain entre potes est suspect...

 

Ensuite le cliché. Car ce qui est génial, finalement avec cet usage de la culture gay, est qu'elle peut être immédiatement reconnue n'importe où. J'y vois personnellement une sorte de malice, et pas du tout une marque de réussite. En fait, tout se passe comme si certains hétéro avaient intérêt à délirer la gayitude de certains mecs pour pouvoir mieux les mettre en garde. Une vanne récurrente dans les films US en ce moment est de dire si ça a l'air gay, si ça fait gay (sounds a bit gay, looks a bit gay etc.). De tenter une encyclopédie de ce qui est gay ou pas. Mais pas du tout, par amour de la diversité de cette culture, mais plutôt pour l'éviter, l'exorciser. 

Exemple : le dernier épisode de True Blood (S03E01), des loups garous ont kidnappé Bill le vampire. Ils lui sucent le sang (qui passe pour une drogue surpuissante). L'un d'eux réclame du sang à son pote, et son pote lui en file en bouche à bouche, en se marrant parce que "ça fait gay". L'autre loup-garou réplique, "ouais mais se tripoter les tétons dans une voiture pleine de mec, ça fait gay aussi." Jusqu'à présent, je n'avais jamais entendu dire qu'un truc qui ressemblait à une "soufflette" faisait gay. Maintenant, je suis sûr que les arrachés au shit doivent se marrer en la faisant. Autre exemple : la comédie romantique hype et carte postale de l'adolescence 2010 : Nick and Norah's infinite playlist. Le personnage principal, Salvatore (Michael Cerra) joue dans un groupe de rock gay, les Branleurs. Mais il est le seul hétéro. Franchement, bon début. Le personnage hétéro et trop romantique qui se réfugie parmi les gays, bonne idée. Dans la suite du film, chaque fois qu'il croise un mec ou une fille, on fait le détail sur lui des signes qui font de lui un pédé. Coupe de cheveux, voiture, goûts musicaux. Finalement, c'est ce mec qui est discriminé et pas ses potes gays. Il est bizuté comme un gay autrefois. Alors que ses potes gays explosent immédiatement la gueule de ceux qui les emmerdent.

 

Icone gay nick-and-norah-s-infinite-playlist-michael-cera-2

Nick and Norah's Infinite Playlist.

Salvatore (Michael Cerra), l'hétéro romantique et sa bande de potes gays.

 

Cette inflation autour de Rampage est significative de ce nouvel usage non-gay de la culture gay. On a applaudi à l'usage gay des codes hétéros. Usage multiple, subversif. Même les village people semblait révolutionnaire pour cette raison. Mais dans ce judo culturel (parce qu'on utilise contre l'autre sa propre force cinétique), qui consiste à s'approprier la culture de l'autre, il n'y a pas de fin. Foucault tapait des deux mains pour le dire. Il appelait même à ce que la culture gay soit réutilisée, réappropriée (l'image du judo est de lui). et maintenant, elle l'est, ça y est. La déclarer encore subversive n'a plus de sens. Paradoxalement, et légitimement, cette réappropriation ne conditionne pas du tout qu'elle soit comprise ou admise comme telle. Les hétéros qui savent ce que gay veut dire ne sont pas des puristes. Au mieux, au lieu d'un rejet immédiat devant l'inconnu total, ils peuvent rejeter ce qu'ils pensent connaître. Au judo, comme partout, le plus fort gagne. Le relativisme de Foucault était rafraîchissant dans les années 80, mais tout relativisme au final consiste à accepter le triomphe du vainqueur.

 

 

Ecoutez le parler de ses gamins (2'32). On sent le bon père qui va élever sa fille comme un vrai mec. 

Alors Quinton Rampage dans tout ça ?... Bizuté en passant pour gay, comme Sal et son groupe de rock Les Branleurs. L'histoire est assez triste dans le fond, parce que ce Rampage a l'air d'un bon gars. Les Inrocks n'ont fait que suivre la tendance des autres médias américains à son égard, ils ont crié avec les loups sans en donner l'air. Tout commence sur le tournage du film. Lors d'une photo, un incident, un photographe vraisemblablement aurait fait un truc qui a emmerdé Quinton. Il réplique avec le ton jovial d'un mec élevé dans le Mississipi qui connaît toutes les variations autour de l'expression "sale pédé". Pas malin, certes, et sans doute typique de l'éducation que tout "bon gars" venu de Memphis a reçu. Tout de suite, réaction du monde médiatique, et article du Los Angeles Times : cassage du film et de Quinton en particulier parce qu'il est une "grande gueule homophobe". C'est presque devenu un cliché sur le cliché au sujet des Afro-Américains. 

Quinton se défend, en se montrant le plus gay-friendly qu'il peut. Il explique (1) qu'il aide un pote gay à monter un bar, (2) qu'il se rend de temps en temps dans un bar gay pour faire la fête, (3) qu'il adore vanner ses potes hétéros en les faisant passer pour gay (franchement, les vannes les plus vieilles du monde, et les meilleures, et qui l'en priverait), et (4) qu'il a appris à tolérer tout le monde en évoluant dans la vie. Conclusion de sa réponse sur son blog : il veut d'abord du fun dans la vie, et mettre toute cette négativité derrière lui. J'adore sa dernière réponse, qui lui a servi à éloigner les bourdons des médias, elle servirait aussi bien de paroles de chanson pour Bob Sinclar, que de conseils de Papa à son fiston dans la détresse (écrit sur son blog). On le sent super sincère.

"Tout le monde se calme ! Amusons-nous ! C'est le truc le plus important que nous pouvons faire en ce moment ! Il y a trop de négatif dans ce monde, alors retenons les choses positives, et je garantis que si on le fait, les choses iront mieux !"

 

Icone gay Rampage vs Evans

"This fighting is gonna haunt me for a long time."

Quinton Rampage déstabilisé par la pression. Et soudain surgit une raison de l'aimer encore plus physique.

 

Bien sûr, si j'aime son incantation magique, c'est surtout parce qu'il existe un côté sombre, avant même la polémique. Quelques jours avant la promo fin mai, dans son combat contre Rashad Evans, Quinton Jackson se fait laminer. Le héros du film, oui, Mister T, se fait niquer juste avant le film. Et Quinton de s'expliquer.

"Vous savez, je n'ai jamais eu autant de pression dans ma carrière entière de combattant. Avoir fait ce maudit de film est presque quelque chose que je regrette aujourd'hui. Il y avait tellement de pression. La Fox m'a menacé de me poursuivre en justice si je perdais parce qu'ils ne savaient pas que j'allais me battre. Je n'ai jamais été confronté à autant de pression de toute ma vie. Normalement, je me bats bien sous la pression, et je pense toujours que j'ai bien fait (de faire ce film), tout compte fait. Mais je suis juste content que cette partie-là de l'histoire soit close.

C'est ce qui est fabuleux. Le combat avait l'air tellement empoisonné et venimeux que les deux protagonistes sont contents qu'ils soient terminé. Le perdant comme le gagnant. Même Evans raconte qu'il faisait des cauchemars de Jackson, et qu'il ne veut plus en parler. Notre ami Rampage est fragilisé, malgré toute la bonhomie du monde. Encore ce soir, on l'a vu sur le plateau du Grand Journal se faire soutenir par l'équipe des acteurs, Liam Neelson lui passant le bras dans le dos. Touchant. Du coup, toute sa critique larvé du métier d'acteur, qu'il trouvait "gay" est infiniment plus claire. Dans un monde où on se bat, on ne peut pas montrer de faiblesse. On ne peut pas se maquiller. On ne peut avoir autant de pression sur les épaules. 

 

Incone gay Kayne West poisson gay

Episode spécial de South Park qui fait aussi de Kayne West une icone gay.

(c'est seulement à la fin du post que je m'en rends compte !)

 

Le mot qu'il cherchait pour parler du métier d'acteur n'était pas "gay", mais c'est le seul qu'il ait trouvé. "Icone gay" n'est pas non plus le meilleur mot pour parler d'un mec assez drôle, viril, et plutôt sympa, mais c'est celui qu'on a choisi pour lui foutre les boules. C'est seulement lorsque l'usage non-gay de la culture gay ne se fera plus dans un sens négatif qu'on pourra se réjouir.

 

(bonus Kaynest et le gay fish) 

 

     Icone gay Kayne West poisson gay Icone gay Kayne West poisson gay 3

Super dialogue : "Tu aimes les bâtonnets de poissons ? – Oui. – Tu aimes les mettre dans la bouche ? – Oui. – tu es quoi ? Un poisson gay ?"

 

 

 

 

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 22:49

 

Prototype-game.jpg

Prototype... une réminiscence de la belle tradition des arbres des pendus ?

 

Presque en même temps, l'année dernière, sont sortis deux jeux en open space urbain et à la troisième personne. Prototype et Infamous. Du jargon pour ne pas dire grand chose en fait... ç'eût été à la première personne, ou ultra scripté, on s'en foutait, car ces jeux avaient un autre point commun plus frappant encore : rendre possible le massacre à grande échelle d'une population innocente. 

Call of Duty 6 avait provoqué un scandale quand (dans une mission scriptée et en FPS) il fallait tuer le plus civils dans un aéroport. Et juste ça. Scandale (parce que la Suisse avait voulu interdire le jeu) et pourtant. Prototype et Infamous sont pires. Pires car plus réalistes et plus immoraux. La seule nuance dans la comparaison qui puisse être faite est que Prototype comme Infamous ne se présentent pas comme une fable politique lourdingue comme Call of Duty 6. Les deux jeux sont davantage ancrés dans un univers cyberpunk, conspirationniste, et hanté par la peur de la contamination. Mais si vous mettez le décor de côté, ces massacres restent, quoi qu'il en soit, plus réalistes, et plus immoraux. 

 

Prototype infamous-013 morning big

Infamous et le surplomb à la D. C. Friedrich : un avant-goût du masssacre ?


Plus réalistes. Les gens que l'on bute courent, crient, certes, mais au bout d'un moment, ils vous évitent, ils vous implorent, voire, dans Infamous (le plus réussi en ce sens), commencent à vous supplier à genoux, ou à vous jeter des pierres. Une meilleure interraction. 

Plus réalistes encore, parce que contrairement à Call of Duty, vous devez faire face aux conséquences de ce massacre. Dans Call of Duty, ce petit massacre de l'aéroport n'est qu'un prétexte scénaristique. Votre personnage meurt, et commence alors la vraie histoire. Bref, on a juste joué le prologue pompier d'un film raté. Cette fois-ci, vous vivez dans le sang de vos propres morts. Au fur et à mesure, la ville se délabre, le ciel devient rouge. Un peu cliché, certes. Mais l'effet est intéressant. Les gens sont infestés par votre haine, ou votre virus, et finalement vous avez dans les deux cas transformé la ville à votre image. 

 

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Une grosse influence écureuils volants pour Prototype.

 

Plus immoraux. Il s'agit de massacres à grande échelle, à l'échelle d'une population urbaine entière. Les deux scénarii vous mettent d'emblée dans une situation de contamination à grande ampleur. Mais quand Infamous s'embrouille dans une histoire de gangs mutants et de sectes, le fantasme de la guerre bactériologique alimente Prototype. Dans ce jeu, vous êtes le virus... Quelques petits problèmes d'identité s'ensuivent (un virus qui emprunte un corps est-il encore une personne ?). Mais comme tout bon virus, vous contaminez tout le monde, bien qu'indirectement (on peut seulement assimiler les passants). Et surtout le joueur obtient rapidement le pouvoir de tout détruire à grande échelle : lancer des tentacules de virus dans tous les sens, exploser des tas de bagnoles ensemble, jeter des hélicos sur les gens. Si vous êtes un peu en train de glander et que vous aimez l'effet vers grouillant du virus, vous pouvez même vous émerveiller du magma humain de bras et de jambes qui se produit en assimilant plusieurs types à la fois. Franchement, c'est le plus drôle, toute cette organicité. 

 

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Mieux qu'une diarrhée... des tentacules qui vous sortent du c... pour tuer tout le monde.

 

Mais surtout plus immoraux parce que votre personnage s'avilit à chaque massacre. Un seul jeu est vraiment concerné. Prototype développe assez mécaniquement cet aspect. Le virus se propage, et vous devenez de plus en plus capable de buter tout le monde, et de moins en moins sûr de qui vous êtes. Mais Infamous est plus intéressant, bien qu'encore au stade du concept : chaque mauvaise action noircit votre karma, et influence la réaction des gens. Votre tête de tyran est affiché partout dans la ville. Et votre corps se transforme en catastrophe pétrolière ambulante, purulant de jus noir... Nan, j'exagère un peu. Côté interraction des IA, le maximum qui puisse vous arriver est de vous faire jeter d'inoffensives pierres sur la gueule. Et d'un éclair, vous pourrez toujours vous venger en grillant le badaud et faire exploser les voitures alentour. 

Mais le principe est là. Car dans le fond, il y a un vrai effort dans Infamous. Tuer des innocents n'est pas facile au début. Parce que les gens sont assez cools. Et vous êtes l'un d'eux, un humain, le gentil couriser Cole, qui a une meuf et un pote relou – alors que Prototype est plus nietzschéen : le supervirus que vous êtes en a que dalle à faire des autres petits humains qui grouillent dans les rues. Surtout, dans Infamous, devenir bon ou mauvais est une affaire d'habitude. Vous savez que si vous devenez mauvais, vous ne pourrez redevenir bon qu'après encore plus d'efforts pour redresser la barre. Et les pouvoirs obtenus ne sont pas les mêmes. Bon, après l'avoir fini deux fois (un hiver un peu rude de solitude et de froid), je suis en mesure de vous affirmer que là encore, ça change pas grand chose. Mais l'idée est vraiment bonne, aristotélicienne pour le coup. La vertu ou le mal sont une affaire de tendance. 

 

Prototype_infamous_karma.jpg

Eh ouais, vous êtes méchant... mais c'est votre choix !

 

Désormais la fin du jeu acquiert une nouvelle dimension : vous êtes devenus le grand méchant, et vous gagné, mais parce que vous avez réellement persisté dans le mal (pour rassurer tout le monde et rester draguable, je tiens à préciser que j'ai d'abord réalisé l'option du gentil mec, avant de refaire en mode méchant). Pour arriver là où vous êtes arrivé, vous avez dû vous arrêter plusieurs fois dans les rues, tuer un à un les passants et leur sucer l'énergie vitale, niquer les flics, laisser la foule pendre des innocents (la meilleure idée). Et alors soudain, vous comprenez que ne pouvant plus revenir en arrière, vous n'avez d'autre choix que de persévérer dans votre vice. Là, le jeu est pleinement réussi : vous tenez le joypad et vous auteur l'auteur d'une tragédie. Rien ne pourra plus sauver Cole à partir d'ici... vous regardez votre sale gueule à l'écran, et vous comprenez que vous avez aussi une sale gueule dans la vie. Vous comprenez que dans la vie aussi, une faute n'est jamais isolée, mais que... si vous êtes seul en plein hiver en train de jouer à la PS3, c'est parce que vous avez fait une série d'erreurs... acquis une série de vices... répétés tellement de fois vos bourdes... que vous méritez d'être incarné par un enculé qui grimpe sur les toits comme un singe, et fait exploser le corps des méchants.

Alors vous reprenez le pad et vous niquez le méchant ! eheheh.

 

Prototype_infamous.jpg

Et bing. On est seul mais puissant.

 

 

Peuple de programmateurs, écoutez-moi !

 

Un truc génial, une idée brillante, que je communique gratuitement.

Et si plutôt que le karma, le jeu pouvait évaluer la célébrité... Plus le joueur accomplirait ses missions en faisant des cabrioles, de superbes acrobaties, plus il serait récompensé en points de célébrité, en points de prestige. Un peu comme dans Kick Ass, le comics de Millar, le joueur serait filmé par des passants, posté sur le youtube, et finalement plus ou moins plussoyé par des millions d'internautes. Ces points de célébrités seraient alors changés en argent, et en upgrade de pouvoirs. Après tout, de quoi s'agit-il dans Batman ou Spiderman, si ce n'est de panache et de prestige ? Dès que les héros ont porté des capes, ils ont fait de la justice une affaire secondaire.

 

Prototype_kick-ass_vol_1_2.jpg

 

En revanche, si le joueur est moins brillant, il devient un super héros de seconde zone. Pas un batman, mais un robin. Il est obligé d'avoir recours à quelques expédients, voire à quelques méfaits. Et doucement alors, pour récupérer des points de prestige, il pourrait choisir de devenir carrément un super vilain. Se changer en Red Hood (cf le dernier Batman and Robin de Morrison). Un choix s'impose alors au joueur, faire le beau, ou faire efficace. Laisser les rues s'infester de dealers pendant qu'on s'occupe du kidnapping d'une star, ou bien lutter laborieusement contre la pauvreté et la délinquance, quitte à rester un héros méconnu. On toucherait au coeur des problématiques contemporaines des comics. C'est plus drôle que le karma et moins moralisateur. La justice deviendrait une affaire d'opportuniste et d'arnaqueur. De vrai et de faux, et pas une affaire de bien et de mal. Vachement plus drôle, je vous dis. 

 

Prototype xstatix

Le premier groupe de super-héros avec journaliste "embedded"

(en la personne d'un blob alien, toujours caméra à l'épaule)

 

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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 09:43

PubMacDo ronald-mc-donald-mc-donalds-ronald-spank-employee-

 

Un soir de ma vie, il n'y pas si longtemps de ça, on se faisait chier de façon très agréable, mon pote et moi. On s'était persuadés que la crise nous enterrerait tous et que le tiers monde était partout, quand soudain mon pote, le Prophète Métis de la France du Futur – pour me divertir – m'a prévenu qu'une pub  française Mac Do faisait scandale aux States. Une pub française... aux States... 

Une faille nouvelle vient de se créer dans ma représentation du monde capitaliste. MacDo France et papa MacDo USA pourraient ne pas être exactement les mêmes. Impressionnant. Il faut réécrire la métaphysique : Le monde capitaliste n'est pas ontologiquement univoque... En réalité, c'est surtout la réaction du présentateur Billy O'Reilly (De fox News) qui a fait parler de cette pub gayfriendly, en rebondissant partout dans les autres médias. Car bien proprement, tout en finesse républicaine, O'Reilly se dit tout de suite : si on fait des pub gayfriendly, pourquoi ne pas faire des pub al quaeda friendly ?... Du coup, les gays US lui demande des excuses. Et ainsi va la démocratie. 

 

 

 

 

 

Pourtant les gays pourraient se féliciter d'être estimés à 10% par O'Reilly. On est vraiment super nombreux du coup, bien que ce chiffre soit tout droit sorti du premier rapport Kinsey de 1948 – chiffre qui inclut toutes les formes minimales d'homosexualité, y compris la branlette avec son copain, et chiffre surtout qui est obtenu à partir d'un panelle constitué d'au moins 5% de tapins, et de 25% de prisonniers. 

 

PubMacDo_les_corps_impatients.jpg

 

Enfin, bon, un premier nuage de fumée s'est déposé sur cette mini-pub, réalisée par Xavier Giannoli (quand même). Giannoli c'est pas n'importe qui. Il est responsable d'avoir fait jouer Laura Smet pour la première fois dans un film, avec Nicolas Duchauvelle... Les Corps Impatients. Une vraie merde pompeuse supposée représenter la vie des vraies gens – fausse pureté, fausse éternité, faux silences mystérieux (du mauvais Claire Denis). Si j'avais su faire un blog à cette époque, j'en aurais fait un juste pour descendre le film (applaudi par les critiques).

 

PubMacDo_JL_Laura_Smet_Marie_Denarnaud_Les_corps_impatients.jpg

Ne contemplez pas trop longtemps ces images, ou vous aussi vous finirez éternels, beaux et sans âme.

 

Mais cette petite pub elle aussi est applaudie. Parce que les magazines et les webzines sont contents de voir un pédé présentable. Une foule consensuelle d'applaudissements. Les lectrices de Madmoizelle.com trouve la pub touchante, et trop cute. Blogopub.tv félicite presque MacDo de son avantgardisme, un premier pas pour la cause. Et tous font comme s'il s'agissait d'un coming out... alors que le point est là. La pub est subtile, parce qu'elle révèle doucement l'homosexualité du personnage. Mais elle planque avec encore plus de subtilité tout le reste.

Bref, elle requiert un vrai talent de décryptage de film psychologique à la française. Donc, avant de mater la pub, révisez vos Alain Resnais et vos Claude Sautet. Voire, attaquez vos Bergman. Parce que nos amis les créatifs ont bien bossé pour enfumer tout le monde.

 

 

 

 

 

Situation de départ : un garçon (lycéen ?) téléphone à quelqu'un (sexe non précisé), et lui dit aussi sincèrement que possible, avec le moins de mots possibles : "Tu me manques, je pensais à toi" tout en – attention détail crucial – regardant la photo de sa classe. 

Son père arrive avec un plateau MacDoooooooovenezcommesvouesêtes, et regarde la photo de classe à son tour. En toute complicité, il ajoute comme un bourrin qu'il est dommage que sa classe soit une classe  – attention second détail subtil – composée uniquement de garçons, parce que son fiston aurait pu faire un malheur avec les filles. Regard oblique et amusé et condescendant et tendre du fiston – jeu d'acteur subtil dans les rides du front. Et Paf slogan : MacDoooooooovenezcommesvouesêtes. 

Franchement, moi j'ai pas compris tout de suite. Je crois qu'il manquait une scène crue de sexe à la Brokeback mountain pour me rendre les choses plus claires (entre un range-plateau et un porte ballon, par exemple).

 

Je redécrypte grossièrement. Le lycéen est gay. Et il vient comme il est. Sauf qu'il ne dit rien à papa, qu'il laisse dans sa merde avec ses grosses vannes hétéronormatives de relou. Autrement dit, deux interprétations sont possibles : il vient vraiment comme il est, c'est-à-dire comme un gros gay planqué, ou il vient comme il est, comme un bon gay intégré qui fait pas chier tout le monde en parlant comme une meuf et en s'habillant en rose... Mais le truc génial, c'est qu'en dépit de la subtilité narrative du spot, je crois que pour Macdo, être planqué ou intégré, c'est la même chose !

 

Car, Subtilité number one : le mec fait pas gay (mon gaydar est resté complètement silencieux – et au mieux il a fait un petit "bip" de soupçon, comme ça, juste pour la forme). Il est habillé à tel point comme tout le monde, qu'il en est terne. A la limite (on en est là), ses yeux bleus font tapette. A la fin de la pub, si on pousse un peu le Grissom, on pourra en déduire qu'il est en cours dans un lycée technologiques (fonderie ou carosserie...?), et qu'il aime les mecs qui eux aussi sont manuels et bien virils. Preuve à l'appui ? La remarque du père sur la composition exclusivement masculine de la classe. Si on pousse encore un peu plus loin le Grissom, on pourra même en déduire qu'il aime au fond les mecs qui sont aussi planqués que lui puisque son mec est dans la même classe. A deux, son pote et lui vont pas faire griller le mac do de gayitude, ni le faire exploser d'excentricité. Mais tant mieux, de cette façon, toutes les autres familles-qui-viennent-aussi-comme-elles-sont, c'est-à-dire pauvres et déculturées, pourront continuer de se sentir agréablement accueillies.

 

PubMacDo_Grissom.jpg

 

Subtilité number two : il caresse la photo de classe où se trouve la personne en question. Indice : "justement, je regardais la photo de classe (le doigt glisse sur la photo de classe). Quand on est excité par quelqu'un, apparemment, on caresse l'image de la tête de celui ou celle qui nous manque. Et on repasse plusieurs fois ses doigts gras dessus. Bref, M. Gay Propre n'est pas un queutard. Il est un romantique aux yeux bleus, dénué de sexe. Un fantôme. Et quand papa lui parle de draguer les meufs, M. Gay Propre lui lance un regard : "putain, papa t'es qu'un putain de gros pervers ! t'as qu'à draguer des lycéennes tout seul, moi je suis au-delà de tes clichés hétéronormatifs à la con." Eh rassure-toi, gars, si ton père c'était Xavier Giannoli, il aurait pu lire entre tes lignes de front, et il t'aurait laissé dans ton placard comme tu es.

 

 

 

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 00:07


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Gap fait de très bons sweat à capuches d'ex (qui garde longtemps les odeurs).

Offrez-le puis reprenez-le.

`

 

Oui vous êtes séparés.... Oui vous avez pleuré. Aux hétéros, il ne reste que les souvenirs, plus ou moins transformés en bluette inoffensive pour la cause (et en plus, ça ressemble à une chanson de Cabrel). Mais au moins, aux pédés, il reste tous ces talismans, les ruines de nos histoires de cul, ou les ruines de nos histoires, tout court. Les fringues de nos ex, nous, on n'est pas obligé de les jeter. Les hétéros sont définitivement perdants sur ce point. Surtout les mecs. Les meufs peuvent se blottir dans le t-shirt trop grand de leur ex (cliché hollywoodien de la new yorkaise restée seule trop longtemps). Mais les mecs, eux... n'ont rien. Sentir comme des pervers les vieilles culottes de leurs ex ? Hmmm... nan. Même en privé, c'est indigne. Porter des petites soquettes, et danser sur "Goodbye Horses" en se mettant le sexe entre les jambes comme le tueur du Silence des Agneaux...? Que si on n'est sûr de ne pas se faire choper par les voisins.

Pour peu qu'on fasse à peu près la même taille, nous autres, les petits pédés aux coeurs brisés, pouvons porter les fringues de nos ex (et mettre Q Lazzarus à fond en n'ayant même pas besoin de se mettre la queue entre les jambes). Bien mieux encore, on peut même sortir habillé comme ça, dans la rue, en public. Pas besoin de le faire en privé. De temps en temps, on peut sortir habillé complètement différemment, avec des vieilles fringues d'ex dépareillées.

 

Fringues des ex goodbye horses hqdefault

 

Sans trop m'en rendre compte, j'ai ressorti il n'y a pas longtemps un vieux sweat à capuche d'ex. Pardon, pas n'importe quel sweat... LE sweat de Kamel (2000 à 2002). Quelques circonstances ont favorisé cette réminiscence vestimentaire inconsciente. Il y avait un début d'été à célébrer, j'en avais marre de voir des gamins réinventer les codes couleurs du sweat à capuche, et croire que les années 80 ont commencé avec eux. Bande de petits bâtards narcissiques à mèche. Ils méritaient d'être puni par le maître coolos des années 90. Je mets mon vieux Eastpack sur le dos, j'enfile mes écouteurs et je sors mes converse. Et je flotte, tel un avatar de fido dido, vers mes potes qui prenaient un café en terrasse – que ma vie est facile ! Dans mon souvenir, le soleil se réfléchissait dans les yeux grands ouverts d'admiration des ados en plein sirotage de monacos. 

Pourtant, toujours, la Vérité guette. Tapie quelque part dans la fraîcheur d'un demi de seize, ou dans les reflets d'une paire ultra-chère de lunettes de soleil. Cruelle, vaguement élégante et ironique. Et même, certains, tel le Joker, ont gardé sur leur visage le rictus horrible de la vérité à force de la dire. C'est le cas de mon pote, le Fils de la Vérité. Cet enfoiré m'a aussitôt communiqué sa parole de vérité dans un petit rire (un hoquet ?). "C'est quoi ce truc pourri qui pend à ton bras...?" Ouais, y'avait des trous. (les trous de l'amour et du temps qui passe). Ouais ces trous s'étaient transformé en gouffre béant (le gouffre béant de mon coeur qui souffre). Ouais, je ressemblais à un clodo (le clodo aux conduites abandonniques qui a quitté le foyer de SDF de l'amour perdu)

 

Fringues des ex old-sneakers-031106

 

Mais le malheur me frappe une seconde fois... Car je ne peux pas répondre : "Qu'est-ce que c'est ?... Un bout de ma vie, un amour perdu, mon gars. Pardon, nan : une chanson de Cabrel qui a pris la forme d'un sweat à capuche pour me protéger et me réchauffer, ou plutôt, attends : une ballade romantique que Pharrell Williams aurait tricoté lui-même au lieu de la chanter." Je ne pouvais répondre pas non plus : "alors, tu vois, gars, c'est un sweat de Kamel, un enculé qui a brisé mon coeur. En plus, je l'aimais encore. Et en plus, il est revenu avec son ex, qui est un con – je le sais je l'ai eu au téléphone... Et en plus..." Nan, nan, nan. J'étais condamné à faire ce que je pouvais pour retrousser les manches, et caresser mon sweat sous la table.

Si tu sors avec ton sweat de merde, comme moi, tu kiffes mais t'es un bouffon. Impossible de transmettre immédiatement le bonheur rayonnant de nos souvenirs amoureux. Mon talisman est ringard. Mon objet transitionnel de l'amour est aussi pourri qu'une paire de basket de plus de dix ans. Mais qu'est-ce que j'ai pris mon pied... Le sweat à l'époque était vraiment chouette, un millésime. Gap, gris, en laine. Putain, j'avais la classe. Sans compter qu'il a senti le Kamel pendant assez longtemps (la laine aide pas mal pour ça). Mais je comprends tout juste en l'écrivant que je viens de perdre définitivement mon plus vieux talisman. Il faut que je me mette à faire mûrir les autres. Ou bien la prochaine fois, je me contenterais du boxer de Berny, ou du t-shirt de Ben. Des fringues qui n'ont pas dix ans d'âge, plus résistantes, mais moins imprégnées. Les souvenirs passent mal en machine.

 

 

 

 

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 01:33

 

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C'est l'histoire de ces mecs qui ne peuvent pas raconter leur propre vie. Ils n'ont jamais pu regrouper toutes les pièces du puzzle. Et ils arrivent à vivre comme ça.

Un pote/un régulier m'a parlé un peu de sa vie. Je n'ai pas l'habitude de jeter le mec après coït. Loin de là. Mais on parle peu de lui. On se douche, on se rhabille, on se regarde se rhabiller. Et il en vient souvent à me dire après un petit silence qu'une tonne de mecs lui envoient des SMS, et qu'il ne sait pas quoi leur dire (il est marié). Alors il me montre les SMS en questions (en pensant que j'ai la réponse). Ce sont des petites phrases d'amour qui ne veulent peut-être rien dire du tout. Assez convenues. Mais elles représentent tout de même un risque. Parce que ces SMS sont le seul espace de démonstration sentimentale pour ces mecs qui sont soit mariés, soit en train de vivre chez le frère ou la soeur. Mon Gwadaboy ne fait que passer dans leurs vies comme il passe dans la mienne, et pourtant il accroche tous ces espoirs. 

Les mecs qu'il drague sont rebeu ou antillais, et franchement pas outtés. Ils aiment chez ce mec son côté enveloppant, protecteur. Alors pour se lier un peu, ils lui offrent des cadeaux. Mon pote les accepte, je suis sûr, avec la plus grande sincérité. C'est gentil. Et il est fier, il est flatté. Du coup, je le retrouve une fois sur deux avec un nouveau jean, un sweet Com8, une nouvelle petite chaîne. Le plus étrange est que sa femme devrait y sentir quelque chose d'étrange. Mais rien. Ils sont sur le point de divorcer, mais ce n'est pas pour ça. De loin, j'ai l'impression que son monde est un monde où les sentiments, les soupçons, et les inquiétudes n'existent qu'à travers un brouillard ouateux d'apathie affective. 

 

Un jour, c'est un petit pendentif qui a fait son apparition autour de son cou, romantiquement perdu dans les poils de son torse. Un pendentif en forme de demi-coeur. Parce que l'autre moitié doit être gardée par celui qui l'a donnée, et qui l'aime. La naïveté du geste est presque à pleurer. Quand je le voyais à poil, avec ce petit pendentif en plaqué or, je l'imaginais transformé en "Saint Gwadaboy des pédés refoulés" à la Pierre et Gilles, émergeant de la pénombre d'un cocotier. Assez baraqué, semi bandant, capable de traverser les mers pour rejoindre un amour impossible de l'autre côté de l'océan. Tentant pourtant de nourrir toute une famille qu'il quitterait s'il le pouvait.

Mon pote et tous ses amoureux sont si prisonniers de leurs rôles de maris fidèles que le moindre geste d'amour qu'ils expriment se change aussitôt en miel, en concentré de sentiments kitsch et sans âge. Moi surtout, en bon pédé, je réagis très positivement à ces déclarations unidimensionnelles. Mais il semble maintenant que tous ces fragments de discours amoureux sont trop abstraits, et signes de fragilité. Il n'y a pas d'imaginaire amoureux gay qui en se superposant viendrait faire résonner ces mots un peu plus profondément. "Je pense à toi tous les jours mon coeur". Ce pendentif, il l'a gardé longtemps. Jusqu'à ce que j'insiste suffisamment pour qu'il comprenne que sa femme puisse nourrir des soupçons. Bien sûr, pour lui, c'était comme annoncer discrètement à sa femme qu'il pouvait voir quelqu'un d'autre.

 

Un autre jour, il est venu avec une grosse doudoune. Il m'a expliqué qu'il l'avait prise à son frère. Son petit frère. Qui est mort. Qui s'est suicidé. C'est moi qui lui posais des questions à partir de là. Le petit frère lui aussi avait suivi la voie de la diaspora antillaise. La métropole représentait la promesse de vivre son homosexualité en toute discrétion et en toute abondance, en évitant les tabassages qu'on réserve aux makoumbés sur l'île. Mais il s'est fait griller, et sa famille l'avait lâché. Mon Gwadaboy aussi. Et il avait simplement récupéré le manteau. Il m'a dit ça avec un peu de peine. Son frère s'était suicidé chez lui. Et ce sont les voisins qui ont appelé la police. Après m'avoir dit ça, sur le pas de ma porte, il est parti récupérer son fils à la gare, ou quelque chose comme ça. J'ai eu la fin de l'histoire il n'y a pas longtemps. Plus tragique encore.

Sur le pas de ma porte encore (il y a à peine une semaine), il m'a expliqué que son petit frère avait en fait chopé le sida. Malgré ça, le même petit frère s'était marié, et avait contaminé sa femme. Et c'est sur un quiproquos que son plus grand frère avait découvert qu'il était gay. A partir de ce moment-là, pédé et sidaïque rimaient mieux ensemble, et pour toute sa famille, son petit frère était devenu un pestiféré. 

Puis mon pote m'a expliqué comment tous ses autres potes des années 80 sont morts eux aussi du sida, des africains et des antillais qui l'avaient initié en arrivant à Paris. Il m'a raconté qu'un mec en particulier, un Africain préparait le repas pour tous ses potes, et que tout le monde pouvait se joindre à eux, les bières toujours offertes. Des bons souvenirs. Un soir, il s'est fait draguer, et a repoussé les avances. Il ne se sentait pas prêt. Je ne sais pas vraiment comment, mais plus tard, il s'est marié, il est parti de Paris, et il n'a plus revu ces mecs. Et encore plus tard, à l'entrée d'un sauna, il a recroisé un de ceux qui faisaient partie de ce petit cercle gay et black, et qui il lui a appris que ses autres potes étaient morts du sida. Personne ne peut imaginer en le voyant que ce tranquille père de famille a échappé à l'hécatombe pédé des années 80. C'est le mensonge que constitue son mariage qui l'a protégé. C'est le refoulement qui l'a sauvé. Ironie ultime. 

Ces mecs refoulés sont les plus exposés au sida, pas bi du tout, et tellement capables de tout risquer pour créer le peu de liens authentiques qui leur manque. Ils n'ont rien à perdre, ils n'ont de comptes à rendre à personne. Les pédés les touvent lâches, et leurs familles les crucifieraient s'ils savaient qu'ils mentent et trompent leur monde. Ils sont incomplets, définitivement, partagés entre deux réalités dont aucune ne peut se réaliser sans faire disparaître l'autre. Quand on s'est quitté, mon pote et moi, on s'est promis un jour de vraiment prendre un verre un jour et de discuter, ou de se taper un colombo, une fois qu'il aura divorcé. 

 

 

 

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  • : Le blog du mec avec qui vous aimeriez parler dans un café de tout et n'importe quoi – mais que vous hésiteriez à rappeler pour en boire un deuxième parce qu'il a quand même l'air flippant et immature. Bref, le blog d'un queutard romantique qui essaie de trouver la paix intérieure et le salut par la culture pop. D'intello qui lit encore Naruto. De fan de Kele Okereke qui n'arrive pas à aimer son dernier album.
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