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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 22:28

MST_RickandMorty_2.png

 

Tout est parti d’une discussion avec un Allemand. L’ami d’une amie. On le sentait sérieux, intensément engagé dans son désir de communiquer (même s’il ne nous parlait qu’en allemand). Aucune place à la vanne idiomatique. 

Un couple hétérosexuel de plus sur cette planète officialisait sa relation par l’intermédiaire d’une soirée-apéro officielle faussement improvisé et sympa. 

On s’est mis à parler d’amour. Et je me suis senti obligé de défendre d’un coup l’éventualité de la fidélité, de la monogamie, voire du mariage. Deux ingrédients gays justifiaient peut-être d’ajouter de la monogamie dans la conversation : 1) la discussion sur le mariage gay qui s’ouvrait à l’époque (alors bon, je me suis pris d’affection pour ces rituels monogames), et 2) ma sortie de cure récente d’une énième MST. 

Tout ça mis bout à bout m’a conduit à la révélation d’une théorie sociobiologique de la monogamie. 

En discutant avec un des médecins qui m’avaient ausculté – et évidemment terrassé de questions bien franches et bien dégueulasses – j’ai appris que les bactéries aujourd’hui sont présentes essentiellement dans la gorge (et pas nécessairement sur les organes génitaux comme attendu). Ce qui donne lieu à une expression particulière dans la bouche de ce médecin barbu (très certainement hétérosexuel et fan de Laspalès) : « allez on va faire une petite gorge ! » « Gorge » désignant par métonymie un prélèvement dans la gorge, et non tout ce qu’une « gorge » par métonymie pourrait vouloir désigner. 

 

 

 

La maladie s’adapte donc, elle est maline. Elle paraît connaître mieux les humains et leurs sales petits secrets que nous-mêmes nous avouons nous connaître. Je crois que je l’ai déjà écrit ici, d’ailleurs. Mais le mieux c’est encore de savoir que certaines maladies ont une propriété presque aphrodisiaque, et qu’en excitant le malade (surtout syphilitique – mais Sontag ajoute aussi dans son livre sur la maladie et ses métaphores que c’est le cas de la tuberculose), elle joint à l’érotisme la propagation des miasmes. 

D’où la thèse assez simple en fait. La monogamie c’est mieux pour éviter les MST.

Si la société l’a recommandée pendant si longtemps c’est essentiellement parce que l’espèce y gagnait d’un point de vue biologique. Il est donc infiniment plus simple de recommander de ne pas céder à l’érotisme, étant entendu que tout érotisme a une part morbide, rebutante... Il suffit de lire la description de l’état amoureux dans la plupart des romans ou des poèmes de l’Antiquité ou du Moyen Âge pour comprendre que le désir considéré comme une maladie n'est pas très glamour – avec ses fièvres, ses tremblements, ses effusions de sang et de sperme… 

On pourrait facilement donc justifier cette conception monogame conservatrice, religieuse et morale sur le seul soupçon qu’elle a en réalité un avantage pratique indéniable. Le même avantage que le pape réclamait pour l’abstinence (le seul problème étant que même les prêtres ne sont pas réellement abstinents).

Mais la contrepartie de cette thèse est beaucoup plus clair encore. Si notre société est parvenu à un niveau de médicalisation tel qu’on peut soigner ces MST, rien ne nous retient plus de nous adonner à la plus démoniaque des fornications, au nom de la même raison pratique.

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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 03:01

 

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TOP 1 : "Let me show you some black history"

Dans mes moments de doute et de déprime, je bouffe un Macdo. Pour que ça ait l'air moins la lose, j'invite un pote. Et si le pote est un universitaire brésilien très malin que je connais uniquement parce qu'il aime coucher avec moi, c'est pas grave, ça fait le job. En repartant vers la gare, donc, on bouffe un macdo et il me montre un mec rasé, genre légionnaire, blanc, limite rougeaud, sans fioriture et même un peu beauf (wrong sneakers). Et en ajoutant le moins de mots possible, il me fait comprendre que ce mec l'excite. Moi je lui montre un mec métis qui tope une clope à une meuf bourge qui passe devant lui, et qui pourrait lui faire l'amour dans la rue tellement il a du style. Ce pote et moi, on n'aime pas les mêmes genres de mecs. Lui est black, il aime les blancs, moi je suis blanc et j'aime les black (en gros). 

Ce qui est génial c'est à quel point un film porno peut résumer ça. 

Le film s'appelle "une racaille commet une effraction et exige un cul" (mes traductions sont à peine plus littéraires que le titre original). La caméra suit une sorte de daddy black, avec un look de cambrioleur façon cartoon (lunettes et bonnet noirs). On ne sait pas comment mais il arrive dans une grande baraque de bourgeois. Puis on voit le bourge en question. Il porte un pull jacard, a les yeux bleus clairs, et est parfaitement rasé. Le bourgeois est blanc. Et on sent tout de suite qu'on va avoir droit à un bon porno à "érotisme oppositionnel" – avec ces guillemets, je ne cite que moi, hein, mais parler de porno entre guillemets ça prolonge encore l'excitation. 

Tout l'érotisme vient de l'affrontement de deux contraires (je ne connais pas la différence entre pornographie et érotisme – trop subtil pour moi)... Je veux dire, il y a des porno où l'érotisme est redoublé au contraire par le fait que les deux acteurs sont beaux de la même façon. Deux bogosses baisent. Boring. Deux bears baisent ensemble, et c'est presque aussi ennuyeux. Mais y'a tous ces films bizarres où y'a un vieux et un jeune, un bear et un minet, un noir et un blanc, un bourge et un prolo etc. etc. Et là évidemment on se demande combien de temps ils vont maintenir le cliché dominant/dominé, et à quel moment au contraire ils vont mettre à mal ces clichés par la baise.

Le truc donc c'est que le cambrioleur entre dans le salon et voit le petit blanc en train d'écrire sur un bloc-notes : "Roots", son études des racines de la culture africaine. Evidemment, ce que lui dit de façon très approprié le cambrioleur c'est : "tu aimes chercher les trucs black, je vais te montrer... ma grosse histoire black !" Et pour bien se faire comprendre en moins métaphorique : "Tu veux apprendre l'histoire black alors suce cette bite !" Le mec te dit quoi, en fait, il te dit sa bite, c'est l'histoire. Baiser, c'est baiser l'histoire. Sucer une bite, c'est sucer l'histoire. Il n'y a pas de désir hors histoire. Alors ok, la suite du film n'est pas bourrée de surprises (pas de perturbation majeure des clichés). Mais c'est juste cette phrase "let me show you some black history" que je trouve magique. Parce qu'en effet, mon pote brésilien et moi, on a un imaginaire post-colonial. Ce qu'on fait nos ancêtres nous obligent à vouloir baiser ensemble, même si on est noir et blanc. L'Histoire nous a installé un relais direct au niveau des couilles. Merci M. Manhub d'avoir compris ça avec moi.

 

 

 

TOP 2 : tout "Big Dick Bitch".

Là c'est du crade, de l'irrémédiable ; ça va vous coller aux rétines. Et en même temps c'est super drôle. Big Dick Bitch suce Obama déguisé en Michelle, baise les maquereaux, domine les témoins de Jéovah qui frappent à sa porte, drogue les militaires pour les enfermer dans son donjon, et littéralement comme le dit l'un de ses titres "encule la police". Pour les plus gentils d'entre vous, ne regardez pas. Il ne s'agit pas de sexe hardcore, de performance façon TIM, qui aligne les culs dilatés sur les murs d'un musée enrobé d'un discours pseudo-deleuziens. Non. Big Dick Bitch est formidable parce qu'elle enfonce l'imaginaire mental et verrouillé de l'hétérosexualité comme si c'était une porte ouverte. Donc ça explose, quoi. 

Ses vidéos de she-male ou de tranny sex (sorties chez Raw Dogg – dont le logo est un pitbull noir qui monte un pit blanc) montrent en gros ces mecs machos qui pensent avoir affaire à une femme, et qui finalement se disent pourquoi pas sucer et se faire baiser. Mais TS Madison alias Big Dick Bitch est drôle. Elle arrive à attirer à elle tous les freaks de l'hétérosexualité et de la communauté LGBT black. Elle met dans l'ambiance les amateurs et les fans qui viennent la voir tout en utilisant les codes de la culture pop. Elle parodie les scénars de série B et les effets de Tarantino/Rodriguez, se déguise en Wonder Woman, ou rejoue les situation de blaxploitation. Bien sûr, comme toute mini-star du net, elle risque de surexploiter son image et bientôt rester un souvenir vague de plus dans la grande mémoire recombinable du web. Bref, vous la trouvez sur youtube en train de préparer ses interviews.

Mais ce sont les mecs qui sont à la fois attirés par elle et dévorés par elle qui me fascinent. Ils sont comme des papillons brûlés par son charisme étrange. Il y a comme un reste de mythologie de l'androgynie parfaite qui leur reste dans le crâne, et qui s'active chaque fois qu'ils voient Big Dick Bitch déguisée en Wonder Woman ou en perruque rouge. Au début, on se dit naaaan mais ces mecs sont en apparence des hétéros machos parfaits... et bim, ils finissent tous par y goûter. Plein de vidéos de trannies présentent habituellement les trans comme des objets à fantasmes pour des hommes hétéros, mais elles restent muettes. L'idée de BDB c'est de redevenir le centre de l'attention, de retrouver une parole, avec un élément comique indirect dont Big Dick Bitch a pleinement conscience. Elle a ce pouvoir sur les hommes – pas parce qu'elle est une femme cis parfaite – mais parce qu'elle est hors norme. Sa queue aussi disproportionnée que ses perruques, et un cul aussi large qu'une montagne. Big. Dick. Bitch.

 

Porno_yoann_lemoine-detail.jpg

Le voici encore innocent, pas encore barbu. Mais déjà avec de gros engins dans la main.

 

TOP 3 : juste une compile toute con d'éjac mais avec Woodkid en fond.

Je ne pourrai jamais dire assez de mal de Woodkid. Il concentre à lui seul tout le pompeux, le fumeux et le vaseux de l'époque. Sa barbe à lui me donne envie de raser ma barbe à moi. Il est l'obsolescence programmée du look barbe + casquette (le jour où moi je m'y mettais un peu, la vache !). Sans le savoir, ce mec va accélérer la fin de toute la musique pop occidentale (enfin ?) pour ne laisser derrière lui qu'un désert radioactif de K-Pop. Ce mec a le genre de barbe dont on a l'impression qu'il se la met le matin en se réveillant et se la déclipse le soir en se couchant... Il mériterait d'être outté, et on devrait remercier plutôt le mec des The Shoes qui écrit sa musique. Mais y'a au moins un truc de bien : sa musique fonctionne sur une compile d'éjac. Le titre "Run boy run" plus précisément. Là j'avoue que ce n'est plus du tout un scénar, c'est presque un projet de montage, d'installation artistique. La compile était en slow motion... Le mec qui l'a posté sur xtube a eu un coup de génie, car le slow motion, c'est la fausse bonne idée des clips de Woodkid (c'est ce qui sert à nous faire croire que waouw y'a du travail) ! Donc dans le fond, cet artisan anonyme du porno a su remettre à sa juste place la musique de Woodkid, et je dis ça sans mépris (pour une fois), c'est-à-dire en bande originale d'une longue branlette laborieuse. 


 

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 14:57

 

MST parasites-lsot

La lutte éternelle contre les bactéries trouve enfin son héros.

(J'ai choisi des illustrations sympas, sinon c'est prélèvement urétral et pelage de gland...)

 

Une bossa nova inachevée résonne quelque part dans la dimension des chansons inachevées (encombrées par les projets d'albums solos de Gaz Combas ou de Kele Okereke). Trois accords compliqués et ces mots surgis de mon inconscient un jour de prélèvement urétral : "Premières urines, sybillines, j'ai comme un sentiment mitigées... chlamydia ou bien gonorrhée ? oh oh oh oh..."

C'est mon mantra à chaque retour de bâton pour une pipe malheureuse (souvent des pipes, oui, oui, oui). Ma prière au microbe qui a décidé d'habiter ma bite. Je veux dire qu'il a probablement une place dans le cycle de la vie, et de toute évidence, il est assez bien adapté pour vivre quelque part dans mon urètre. C'est un peu comme les prières pour les animaux qu'on vient de tuer. On les remercie de donner leur viande pour la tribu qu'on a à nourrir, mais à la fin, on les tue quand même. Passé ce premier moment de compassion universel, le meurtre est programmé.

La révélation qui accompagne la première MST est peut-être philosophiquement plus intéressante que ses premiers lapsus, ou l'idée que l'homme descend du singe, ou qu'une pétasse comme Frigide Barjot peut plus vous pourrir la vie que toute votre famille catho réunie. Aucun doute que pour beaucoup, à une époque lointaine où la vie devait être encore plus précaire, avoir du pus qui sort de son sexe pouvait apparaître comme une formalité. Entre ça et mourir de sa première grippe ou de la varicelle, c'était pas si mal. Mais après plusieurs siècles de délires hygiénistes, ça rappelle surtout aujourd'hui à quel point, le sexe brasse une quantité de trucs préhistoriques. Rien n'est propre, ni ne le sera jamais – quand on est gay, on a tout de suite de grande chance de l'apprendre après sa première sodo, mais là, c'est encore plus clair : le sexe, c'est le nerf de la guerre, là où stratégiquement toutes les bactéries préparent leur coup. Aucun moyen d'abord le truc rationnellement. Vous êtes puni par là où vous avez péché. On comprend pourquoi le sexe a pu être si souvent considéré comme sale, comme dangereux, et comme disons-le le péché originel. Les maladies ont mutées pour être intraçables, indolores, "clean" avant d'être sauvages, douloureuses et mortelles.

 

MST_adam_and_eve.jpg

"Le paradis n'est pas un sex hotel, Oh Adam !"

 

Pour commencer, disons que choper une MST est incontestablement super utile pour éviter de choper le VIH. Elle nous fait un cours accéléré de ce qu'est une maladie. On comprend que la bactérie n'a pas intérêt à vous tuer si elle veut se reproduire. Le médecin m'a expliqué des trucs super intimes sur la bactérie. Aujourd'hui, on retrouve les germes principalement au fond de la gorge, à cause des pipes, justement (même chose avec la syphilis). C'est comme si elle avait suivi la révolution sexuelle, et comme si elle avait pris son pied comme ça aussi. Quoi que vous pensiez du côté révolutionnaire ou subversif de vos plans cul, la bactérie vous murmure à l'oreille qu'elle a déjà tout vu, qu'elle est déjà prête.

La prière psycho-magique du début est donc super utile en fait. Une maladie, ça n'est pas un truc rationnel. Vous aurez toujours du mal à faire comme si ce n'était qu'un enchaînement de causes extérieures et nécessaires, comme un simple et gigantesque chaîne d'événements prévu depuis l'aube des temps et qui remonte jusqu'à vous et votre bite. Je me suis toujours senti puni, coupable et triste d'avoir une MST. Et honteux au point où j'hésite à aller bouffer chez ma mère si elle me le propose...

Ma petite prière prononcée, je fonce sur le premier médecin qui m'offrira un antiobiotique qui naplamise tout. C'est une putain de purification, l'anti-bio alors moi, quand on me demande, je prend toujours le plus fort. Faire péter une petite bombe chimique dans son corps, c'est presque comme être le président d'une puissance nucléaire. On peut appuyer sur le bouton. Le plus radicale en l'occurrence : l'injection dans la fesse. 

 

 

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 01:01

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Je suis sorti du métro Jourdain. A partir de là, je suis les conseils du Mec le plus Sympa du Monde, je passe d'une rue à une autre, et comme le Mec le plus Sympa du Monde est vraiment le plus sympa du monde, je peux le rappeler quinze fois pour lui réclamer la même info ; j'arrive enfin au lieu de rendez-vous, en plein parc des buttes de Chaumont, près de Rosa Bonheur. 

Avant d'être un Gayland de Gaylibiens (le vocabulaire employée sera expliquée et justifiée), et par conséquent la confirmation que tous les pédés sont passés à droite, Rosa Bonheur est le nom d'une peintre lesbienne de vaches de la fin du 19ème siècle. Génial – une meuf pareille existe. Mais Rosa Bonheur est aussi le nom de la guinguette où on peut croiser : 1) Kamel Ouali en train de rechercher l'inspiration pour sa prochaine choré, 2) les pédés de droite les plus infects du monde à peine sortis de leurs écoles de commerce, 3) des bears parfaitement rasés et impeccablement hype, 4) des petits rebeu snobinards qui prennent leur revanche en insultant tous les autres rebeu de banlieue qui n'en sont pas sortis, 5) des minets internationaux au courant des bonnes adresses sur Paris, 6) des hétéros qui aiment se faire mater en short super sexy, et 7) les filles hystériques super sympa qui accompagnent leur pédé sac à main névrosé. Bref, il y a eux, ces connards que je pourrais jalouser s'ils n'étaient pas vraiment des connards – il y a eux, et il y a nous, les mecs cools... trois bières et un perrier à 18 euros plus tard, les potes du MLPSM, fraîchement rencontrés et déjà adoptés, me racontent leur virée de la veille. 

Ils ont envahi un bar, et, dans le bar, la fête d'anniversaire d'un artiste catalan hétéro (on est à Paris, pas loin du canal St Martin). Ils se mettent à boire, entourent une amie trans, et dansent en son honneur. C'est en tout cas, ce genre d'images qui m'apparaissent quand ils en parlent. Au sommet de la transe, la fête dégénère en kissing hétéro, puis homo. Kissing seulement, pas fucking. Pas encore. Quelques photos retrouvés sur un Iphone en attestent. Des couples bizarres se sont formés, de jolis blacks avec des monstres poilus, des beaux gosses rougis par l'alcool à côté de parfaits minets qui ne portent aucune trace de fatigue sur le visage. Et, au milieu de la fête, il existe Tom. 

Tom possède une casquette Atari Real sport games des années 80, comme la mienne (mais la mienne a fini émiettée et éparpillée façon puzzle par un lave linge). Tom a la classe. Il est américain. De Baltimore, précise Marc à ma droite. Il ajoute encore : Baltimore, la ville de The Wire. On pourrait continuer l'association aussi loin que son charme l'autorise. Mais tout est dit. Tom est un étudiant des beaux-arts, roux, ultra-barbu pour son jeune âge. Un homme cultivé et gentil issu d'un environnement urbain violent et ségrégationniste. Tout le monde le veut, mais c'est Marc qui l'a embrassé en premier pendant le kissing – grâce à sa barbe, paraît-il. Tout le monde applaudit.

 

bites_jumelles_rosa-portrait-bison.jpg

Voilà Rosa. 

 

Il a été discuté plus tard de savoir si les Américains étaient les meilleurs amants qui soient, ou non. Mais sur le moment, les cinq pédés que nous étions autour de la table s'en foutaient totalement. Le menton à hauteur de pinte, on a crié que Marc devait à tout prix le revoir avant que Tom ne reparte à Baltimore ! Il devait le revoir et lui offrir des fleurs. Ou une boîte de pâté (ma proposition). Ou les deux, ce qui serait délicieusement paradoxal, raffiné et européen. 

Jusqu'ici l'ambiance était à peu près supportable pour les petits bourges à notre droite. On les avait dépanné d'un briquet, et ils devaient avoir l'impression qu'on les regardait avec envie, tout frais qu'ils étaient dans leurs petites chemises bleu clair. Puis est venu le moment qui a fait basculer la conversation et l'a rendu intolérable à nos voisins (en plus d'une autre conversation sur les problèmes de minorités assez déliramment intello)... Tandis qu'on parlait de Tom et que j'en demandais une description plus détaillée, Manu s'est lancé : Tom possède une très belle bite. Comment le sait-il ? Tom possède une bite jumelle à celle de Manu – re-précisons tout de suite : "la même belle bite" (ça sonne si bien en français, belle assonance). Manu nous explique, avec son léger accent espagnol, que c'est précisément la raison pour laquelle il n'a pas pu le baiser. 

 

bites_jumelles_ouragan.jpg

cf accidentaldong.com. 

 

Forcément toute la table était intriguée par deux choses : pourquoi avoir la même bite bloquerait-il à ce point notre système pulsionnel, et c'est quoi d'abord une belle bite ? Les barrières étaient déjà dressées autour de Rosa Bonheur, les vigiles surveillaient, ça avait été la bataille pour aller pisser, Kamel Ouali paraissait beaucoup plus vieux sans maquillage, et le ratio beaux mecs / connards était égale à 1. Ajouté à ça le ciel parfaitement bleu, un petit métis en short qui excite le coin de l'oeil, et les deux pintes descendues, j'avais toutes les raisons du monde pour parler de "bites" encore plus fort que d'habitude. Deux raisons majeures, à vrai dire : emmerder les autres, et s'amuser à en parler (allez savoir laquelle des deux raisons est corollaire de l'autre). 

Avoir la même queue que mon partenaire de baise ne m'avait jamais troublé plus que ça, pour tout dire. Mais par "théorie de la bite jumelle" il faut entendre quelque chose de plus qu'une simple symétrie. Cette théorie ne marche que si l'organe en question est déjà assez différencié, reconnaissable pour ses qualités propres. Il s'est passé à peu près vingt minutes pour que je m'en rende compte. Manu devait avoir une queue assez reconnaissable, un truc en plus. Et pour le coup, trouver la même chez un mec l'a complètement dépossédé de son avantage naturel. Sa description de la belle bite était tout à fait subjective, mais ce qui comptait c'est que son avantage évolutionnaire gay lui était retiré.

 

bites jumelles Accidental Dong 1

Cherchez les bites accidentelles et jumelles... Ils sont si mignons...


L'intérêt de cette théorie, c'est qu'elle s'applique à presque tout : que l'autre possède les mêmes avantages que nous ne favorisent ni les fantasmes, ni l'admiration, ni l'amour. A la limite, c'est la meilleur raison pour faire revenir l'altérité dans un couple quel qu'il soit. Pas par fascination de l'autre... mais parce que l'autre n'a aucun intérêt à retripoter la même chose qu'il possède. Comme ça, on peut expliquer les couples bigarrés socialement ou ethniquement. On peut tout expliquer. 

Christine Boutin est fan de ce reproche métaphysique qu'on fait à l'homosexualité : on nierait l'altérité parce qu'on retripoterait la même chose qu'on a entre les jambes. La version petit enfant de l'argument c'est de dire que "l'homme et la femme, ça s'emboîte bien, comme des legos" (avant que les petits enfants découvrent que ça s'emboîtent aussi de tonnes d'autres façons très marrantes et pratiques). Christine doit y voir la confirmation d'un truc religieu ou mystique : l'Autre... l'Amour... sur cet argument, elle pourrait défendre la zoophilie, ou la théophilie. Au moins, elle serait funky. Mais la vérité toute crue que Manu livrait à ses oreilles, c'est que justement, deux bites, d'habitude, ne sont pas pareilles. En fait, être du même sexe, ne fait de nous les mêmes personne. Hein Christine ! Un tel niveau de ressemblance est rarissime, d'où la théorie de la bite jumelle. Ce que nous apprend donc Christine, qui ignore cette théorie, au même titre que nos petits Gaylibiens autour de la table (Gaylib c'est le monstre à sept têtes qui est sorti des entrailles de l'UMP pour refaire des pédés des êtres normaux et ordinaires) c'est que pour elle, le sexe définit trèèèèès largement et suffisamment qui nous sommes. Hop, il suffit d'avoir une queue, et tu es comme De Gaule ou Jésus, et si tu as une chatte, tu es comme Marie ou Christine Boutin. Ouh que non... Dieu me préserve, on se place à un niveau beaucoup plus faible de généralité ! C'est la beauté d'une bite (ou de tout autre organe) à vrai dire, de n'être pas réductible à son seul titre de bite. Il faut toujours la voir pour l'apprécier.

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 22:48

  

Bi Darth Vader

N'y aurait-il que deux côtés dans la force ???

 

Voilà une semaine, à l'occasion d'une ultime soirée "films de samouraïs + bière" avec le Peace Provider, une conversation de longue date s'est invitée comme un fantôme, elle a renaît de ses cendres et est finalement venue boucler la boucle de nos quatre année d'amitié.

Notre première discussion, en plein hiver, et au beau milieu d'un concert d'un groupe de rock de province, avait commencé assez étrangement sur une déclaration : le Peace Provider croyait à l'existence d'une bisexualité latente et naturelle pour chacun (en citant Freud), et donc par extension, à l'existence de sa propre bisexualité refoulée. De là, un énorme malentendu. Si tout le monde était bi par nature, ça aurait voulu dire que mon Fournisseur de Paix intérieure et moi-même aurions pu être plus qu'amis... et ça aurait voulu dire qu'il y avait une chance minuscule de vivre ensemble un truc grandiose – une minuscule chance sur laquelle il fallait immédiatement parier (ce que rétrospectivement, je déconseille à tout le monde). 

Mon premier mouvement ce soir-là a été le même chaque fois que le monde est en train de se changer en univers merveilleux de pain d'épices et de licorne multicolores : laisser parler la vulgarité (pour voir si le rêve lui résiste). 

Ma réponse : "Si tu arrives à bander en voyant une bite ou un vagin, tu es bi. Sinon, tu te poses trop de question". 

 

 

BI lonewolf

Baby Cart II.

"Si tu arrives à bander en voyant une bite ou un vagin, tu es bi. Sinon, tu te poses trop de question".


Quatre ans après, la discussion a repris à ce point-là. Mais avec une dose de franchise en plus. 

Le Peace Provider m'a regardé dans les yeux et, déployant ses gros sourcils bruns comme des pattes d'ours, il m'a expliqué son raisonnement. Si tous les hommes sont bi par nature, alors l'hétéro est hétéro parce qu'il a été modelé par des normes sociales rigides qui lui ont interdit de goûter au côté obscur de la force sexuelle. 

Donc... Les hétéros sont opprimés comme les homos ! Mais – et c'est pour ça que j'adore le Peace Provider – ce mec aurait dû recevoir le pouvoir dès sa naissance de faire apparaître des petits chiots et des chatons LOL tellement il est dénué de mauvais sentiment lorsqu'il parle franchement : les homos quant à eux ne sont pas des victimes des normes sociales, puisqu'ils parviennent à vivre à rebours de ces normes. Du coup, en dépit de tout leur courage, ils se mettent eux-mêmes dans une position de victimes, tout en étant aussi contre-nature que les hétéros. 

Aussi fumant de colère et de désarroi que je pouvais être ce soir-là, je dois reconnaître que le raisonnement est juste. A condition toutefois (1) qu'on soit tous bi par nature ; (2) qu'il n'y ait pas d'évidents problèmes à vivre en ne choisissant rien de précis ; (3) et que toutes les expériences de bi que je vois à la télé ou que je rencontre ne me prouvent pas qu'il n'existe de "bi" que "curieux", c'est-à-dire en transition (et ce n'est pas moi qui leur dirai où ils sont supposés aller, rassurez-vous, mon paternalisme s'arrête là). 

 

 

Bi_Shortbus.jpg

Shortbus. L'utopie (et la dystopie) d'une sexualité indéterminée.

 

Malgré les jets de sang de Baby Cart 2 en arrière fond, la conversation est restée pacifique. Mais le point intéressant, c'est que la bisexualité peut avoir cet usage-là dans les discours : renvoyer malicieusement les homo et les hétéros dos à dos. La plupart du temps, la bisexualité sert à critiquer les "étiquettes", et donc à considérer qu'il est équivalent d'être homo ou d'être hétéro. Quand vous entendez ce discours en étant hétéro, j'imagine que c'est assez neuf, et que c'est une façon de se sentir concerné par la critique des normes sexuelles. Mais quand vous êtes gay... eh bien, vous revoyez défiler devant vos yeux tous les films de Fassbinder, de Pasolini, de John Waters et les pages de Genet et Mishima dans un seul mouvement, et... vous devenez hystérique. And so gay.

En me resservant une bière, j'ai dû prendre une grande respiration et débiter pendant une heure tous les exemples de vies bi que je connaissais, histoire de montrer qu'il existait pas de "bi naturel" dans le monde réel. Histoire de montrer surtout que le bi est simplement le nom contemporain de l'injonction contradictoire que reçoivent les individus dans une société moderne – où l'on peut librement se définir sexuellement, tout en vivant tout de même sous la menace éternelle d'une anormalité, d'une minoritarisation. Il y a encore quelques décennies, on n'aurait pas vu le bi. Il n'y avait pas le choix : normal ou anormal, straight or gay. Désormais, il est visible – c'est tout le succès d'une politique d'affirmation identitaire. Mais il n'en est pas moins contrarié. Bref, le bi est la preuve de la réussite de ces affirmations identitaires, mais il incarne la limite de toute autodéfinition – parce que la plasticité sexuelle ou amoureuse a une limite : la culture et la politique.

J'ouvre les archives. Welcome complexity !

 

 

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David Yost, l'acteur du POwer Rangers Bleu.

Il craque et déprime parce qu'on le traite de gay sur les plateaux.

Il veut se faire reprogrammer pour devenir hétéro mais déprime parce que ça ne marche pas.

Si seulement il avait pu être "authentiquement" bi...

 

- L'honnête Pédé Refoulé (PDR) marié. 

Il y a d'abord ce mec dont j'ai déjà parlé : black, antillais, marié, qui ne couche plus avec sa femme, dont des petits mecs tombent amoureux en le croisant dans un sauna. Il aime les hommes, mais est incapable de quitter sa femme, peut-être même incapable de vivre avec un homme. Alors objectivement, il est bi : il sait très bien faire l'amour à son épouse ou à un petit Africain fresh of the boat rencontré dans un sauna, ou à un syndicaliste connu, ou à un chanteur inconnu mais que j'aurais bien aimé connaître. 

 

- Le PDR marié, mais tombé du côté obscur de la force. 

Le frère de ce mec-là a chopé le VIH, a contaminé sa femme, et s'est finalement suicidé quand toute la famille s'est retournée contre lui (à la suite d'un texto-lapsus envoyée par mégarde à son autre frère). Bi objectif.

 

- Le PDR marié inquiet. 

Un pote, réunionnais, assez touchant, qui est heureux d'avoir quitté la banlieue parisienne pour le calme de la campagne, et le confort d'une famille unie. On a eu nos moments près des meules de foin au clair de Lune, quand on se voyait dehors pour baiser. Il a une femme et des enfants, et il était heureux jusqu'à y'a pas si longtemps. Maintenant, il est inquiet, parce qu'il ne sait pas combien de temps ce petit jeu peut durer. Plus je lui parle et plus je comprends à quel point il a dévié de son chemin initial. Il est sorti avec un mec pendant sept ans, gay assumé. Sa famille a fait pression pour qu'il parte faire son service militaire et finalement se marie. Désormais, il détourne des potes hétéros quand ils sont totalement défoncés et semi-consentants. Un Bi objectif, lui aussi. Je crois même qu'on pourrait lui accorder d'être un bi amoureux. Mais... il est vraiment très difficile de ne pas considérer qu'il aurait pu aimer un homme toute sa vie.

 

- Le Bi pète-couille. 

Un mec rencontré sur le tchat. Par nécessité. Marié, mais il prévoit de divorcer, parce qu'il a reçu l'utimatume de faire des enfants. Vous vous dites... ah, mais c'est parce qu'il flippe d'avoir des enfants. Tout faux, ce mec veut des enfants, mais avec une autre femme... En attendant, le sexe est totalement consacré aux mecs. Godes, cockring, plugs, harnais, pomme de lavement... Une Artillerie qui se résume en cinq photos successives d'outils en tout genre. Ce type inspire une méfiance absolue par sa voix, nasillarde et qui n'arrête pas de monter et descendre – c'est simple, ce mec parle comme les Inconnus quand ils imitaient Indochine ou les publicitaires –, ajoutés à ça tous ses mouvements de tête saccadés à chaque "tu vois" – un best of des Inconnus... Par courtoisie, j'ai dû parler avec lui de sa vie "super compliquée". Moment d'intense vérité : "je suis compliqué comme mec, c'est comme ça, tu vois, c'est simple." Je résume : ce mec a fait le choix simple d'être compliqué. 

 

 

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Le catcheur Orlando Jordan.

Viré un temps parce qu'il était bi. Il revient plus fort que jamais en Bi assumé.


- Le Bi pansexuel. 

Un pote brésilien, pansexuel. Les six premiers mois il était gay, il couchait essentiellement avec des mecs. Avec une magnifique détermination, il se tapait surtout des hétéros, des papas maliens, des ouvriers rebeu qu'il arrivait à détourner ou satisfaire presque immédiatement dans la rue, parfois chez lui. Il assume totalement cette dimension "louche" de la pansexualité. Je l'ai rencontré dans un lieu de drague. La différence avec moi c'est qu'on a parlé et que j'étais son ange pour quelques mois. J'ai appris seulement après qu'il était en fait marié. Il aime absolument sa femme, aucun doute. Une véritable admiration intellectuelle et sensuelle. Mais... c'est la seule femme de sa vie. Et elle restera la seule. En revanche, comme ils sont cools et moderne tous les deux : ils peuvent avoir des aventures, même amoureuses, et des plans à trois, pourquoi pas, et des enfants, bien entendu. C'est le bi le plus accompli qui soit, c'est pour ça qu'il dit qu'il est gay mais amoureux d'une femme...

 

- Le Bi paumé. 

Celui qui détruit les coeurs de tous les pédés de mon genre... On devrait faire un procès en class action contre ces mecs-là tellement ils sont beaux et toxiques... ils représentent la femme fatale du pédé. La passion et la dépression qui va avec. Je mets de côté toutes les idées qui me passent par l'esprit pour aller à l'essentiel. J'en connais deux. 

Le premier est un petit métis (qui me hante) et que je cherche presque tous les soirs entre les couilles pendantes et les culs poilus des mecs du tchat. Il aime s'offrir, se faire consumer sur l'autel du sexe anonyme. Ses expériences en la matière ont confirmé qu'il n'avait pas de limites. Le pire... c'est qu'il baise presque amoureusement. Il continuerait de m'embrasser doucement au pieu, même si vingt mecs se branlaient en attendant leurs tours. Bien sûr, par ailleurs, il a une copine prolo qui le harcèle de sms toutes les cinq minutes, il aime conduire bourré en rentrant de boîte, et il arrive à baiser sans capote sans s'inquiéter du lendemain. Ce mec est la raison pour laquelle la prévention contre le sida a un sens en 2010. C'est une bombe à retardement. Il est bi... mais explosif, à tout point de vue.

L'autre mec est magnifique. Un peu rebeu, il a un côté Salim Kechiouche, en aussi beau, et en super bien foutu, et super bien monté. Lui aussi est absolument indifférent au physique ou à l'âge du mec. Il a une copine, lui aussi. Je ne connais pas de mecs avec moins de barrières et d'étiquettes que lui... ce qui en fait un bi "sans étiquette" ? Précisément, ce type baigne dans l'anomie, et en fait d'abord souffrir les autres avant qu'il n'en souffre finalement lui-même. Récemment, mon PDR inquiet qui le fréquentait (en même temps que le reste des pédés prédateurs de ma petite bourgade) m'a rapporté qu'il était malade. D'un truc bizarre. Depuis quelque temps. Ce type, je l'ai vu faire tout rentrer, à la file... Il a peut être le VIH.

 

 

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L'acteur hétéro le plus convoité par les réalisateurs gays intellos... G. Morel, F. Ozon, R. Salis.

Les mecs, arrêtez. Laisse-le tranquille...

 

Et bien sûr, là, on se dit tous : quel dommage. Pourtant il est beau. Eh oui : pourtant il est beau et pourtant, il aime être sali, utilisé... J'imagine qu'il doit aimer l'indifférence qui est suscitée par l'abjection plutôt que l'abjection elle-même. Mais précisément... c'est cette absence de goût, cette disparition du goût qui doit l'exciter. Est-ce que toute indifférenciation de goût ne se donne qu'à travers l'abjection ? C'est le sujet de philo de la semaine.

Mon PDR inquiet m'a seulement confirmé il y a quelques jours que, de toute façon, "partout où il passe, c'est la merde." 

Avant qu'on vienne me faire un cours sur le droit à prendre son pied de toute les façons possibles, je demande un peu d'honnêteté. Le sexe ce n'est pas l'absence de jugement moral, c'est au contraire la démultiplication des jugements moraux en tout genre (il a un joli cul, donc il doit être un mec bien), soudain instrumentalisé au nom du plaisir. Je doute que ça ait un sens pour quiconque de baiser en toute impartialité. Je doute également que quiconque aime s'offrir réellement au premier mec qui passe – tout simplement parce que ça arrive peu d'atteindre un telle niveau d'indifférenciation. Même les mecs qui baisent dans les saunas à la chaîne arrive à choisir le genre de bites qu'il vont sucer. En avoir le fantasme est une chose assez courante. Demander de le jouer avec quelqu'un qu'on connaît est absolument légitime et excitant. S'enduire de pisse ou de boue avec des potes pour revenir à un état très primaire et presque enfantin : rien à dire là dessus. Mais tout ça représente une forme de contrôle du désir. A propos de ces "bi", on touche à autre chose. Le faire dans un bois miteux où passent les flics, entre les capotes et les feuilles de PQ, les ragots des vieux, les regards parfois compatissants, parfois libidineux, c'est une autre dimension.

 

 

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Yukio Mishima. Marié, et gay... ou bi ?

Masochiste, nihiliste, fou, narcissique, suicidaire. Bref, cohérent ?

 

Je ne crois pas du tout que tous les bi atteignent ce niveau d'autodestruction (je n'ai pas d'autre mot pour qualifier le plaisir qu'on prendrait à voir la beauté salie et ruinée – car "masochiste" obligerait à faire l'amalgame avec le SM, qui n'est pas une pratique sexuelle autodestructrice). Je sais qu'il y a des bi amoureux successivement d'hommes, et de femmes. Mes premiers exemples sont d'ailleurs ceux d'amours, contrariés, mais d'amours. Mais ils sont rares. Très rares. Sur un tchat gay, j'ai récemment compté sept mecs "bi" sur vingt mecs en tout (donc à peu près un tiers). Et des bi de tout genre. Des bi actifs (qui ne font que prendre), ou des bi passifs (qui se font prendre), mais toujours assez extrême, et en pleine urgence sexuelle. Voilà concrètement ce qu'incarne le terme bi dans ma province pas-si-loin-de-paris. 

Quand je croise des "bi", je ne rencontre jamais cette créature parfaite, lisse et dénuée d'inhibitions, totalement naturelle, renvoyant dos à dos hétéros et homos. Je pourrais moi aussi traîner ma lanterne dans les saunas gay, ou les soirées échangistes bi, ou les restau cosy du marais, en criant comme Diogène le crasseux "où sont les bi ? Où sont les bi ?" Parce que le bi est un idéal et non une réalité. D'ailleurs, quelques jours après ma conversation avec le Peace Provider, sous la neige je parlais à un pote en portant laborieusement les pancartes Act Up qu'on nous avait mis dans les mains. En passant devant le centre LGBT, il m'expliquait qu'il existe autant de sexualités que d'individus – et il disait ça pour défendre l'existence de la bisexualité. En bon nominaliste, il ne faisait que confirmer le fait qu'aucune étiquette suffisamment précise ne pourrait qualifier le bi. Précisément ! alors c'est quoi le bi ? Une étiquette... mais sans efficience politique, ni réalité sous-jacente. Ce qui ne signifie pas qu'il n'y ait pas des individus inquiets de savoir ce qu'ils sont, perdus au beau milieu de l'interzone "bi". Mais si je peux entendre la détresse identitaire de ces personnes, pour autant, on ne peut pas dire que tout ce qui porte un nom existe.

 

 

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 01:24

 

 

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Parler cul avec un bédouin aussi sexy... une situation courante pour E. Delacroix. 

 

Scan rapide de la situation. Je suis planté dans un canapé rouge, entouré de tartes et de légumes faciles à manger si on les trempe dans des sauces (ces trucs ne méritent pas de noms plus courts). Dans la journée, j'ai fait un aller-retour grandiose à Paris. J'ai vu Kaboom, j'ai frayé avec des jeunes rebelles, j'étais entre les pédés et les sans papiers dans les manifs contre la réforme des retraites (!). Du El Guincho plein la tête. Et me voilà à peine descendu du train, une demi-heure pour me préparer pour la soirée anniversaire de mon collègue. J'attrape ma boîte de cookies DIY à préparer chez soi et je fonce. Puis... scotchage sur le canapé rouge, après trois vannes enthousiastes. Entouré de tartes et de légumes.

 

 

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Une recette facile et aussi colorée que les stickers de Valérie Damidot.

(Peut-être trop facile....)

 

Je regarde les tartes, j'analyse. Nous sommes des trentenaires qui aimons bouffer avec nos doigts, et nous asseoir par terre en cercle – parce que c'est ce qu'on a fait au lycée, mais avec des chips, et dans des parcs, juste avant le début des vacances... c'était des espèces de longues pré-vacances, de longues préliminaires où les échanges inutiles et cruciaux entre lycéens atteignent un climax de fluidité et de lubricité... Bref, on a grandi comme ça, et on bouffe comme ça, mais avec un restant de culpabilité à l'égard du savoir faire gastronomique de nos propres parents. Et ça donne : bouffe de gamins + désirs de se la jouer... = tartes et/ou super sauces où on trempe des trucs. Mais surtout : tartes. Parce que ça se bouffe avec les mains, et en même temps, il faut quand même se pencher un peu sur le processus alchimique de la cuisson de la bouffe elle-même. C'est le hamburger de papa et maman, la tarte. 

J'étais sur le point d'avoir une connaissance au premier degré de l'idée de tarte, et j'ai commencé à comprendre que ce soir-là, c'était moi... moi, le connard qui arrivait avec l'intention de se repayer sur place la bouffe qu'il avait amenée. Moi le connard, qui avait l'air deux fois plus antipathique parce qu'il avait été sympa au début... et dont on n'allait pas pardonner l'échouage sur le seul canapé dispo, sur la seule surface de tissu moëlleuse de la soirée. Soudain une amie d'amis est arrivée. Plutôt inquiète, plutôt nerveuse. Maintenant qu'on était calmes et repus, on devenait approchables.

 

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Les amis bien vivent dans les canapés.

 

Autour d'un café, ça aurait donné une conversation de boulot. Mais en soirée avec l'alcool, ça a donné une conversation boulot + cul. Très honnêtement, on devrait remercier cette presque inconnue de s'être confiée si francement. On était en train de reformer autour de notre petit îlot un cercle corporatiste de profs/jeune prof/prof précaire. La conversation polie a donc glissé vers un truc plus sauvage, parce que notre Emmanuelle Seigner (elle a une furieuse tendance à sortir avec des réalisateurs étrangers passionnés par la France et les françaises) nous a courageusement confié ses histoires sentimentales, sexuelles et professionnelles à l'étranger – elle s'est mouillée pour tout le monde. Cul et étranger, mon topic préféré (la partie boulot... bof). C'est comme tomber sur les questions télé au trivial poursuit. D'un coup, le monde a gagné en couleurs. Chaque interlocuteur dans la pièce pouvait être défini par le nombre de relations exotiques qu'il avait contractées dans sa vie. Et je pouvais écouter chacun parler et parler encore de son malaise en se confrontant à l'altérité d'une autre culture, d'une autre peau, d'une autre langue. 

La vérité c'est que sur ce genre de questions, j'ai toujours une chance sur deux pour tomber du côté de l'ouverture totale ou de la méfiance prudente. "Vis ton bonheur individualiste à fond", ou "plie toi à l'implacable dureté des normes sociales." J'hésite. Mais c'est justement une bonne raison de parler. Les relations dans la conversations vont aider à déterminer une position fragile, négociable. Après ce premier moment, il faut jouer le jeu, jouer en équipe et défendre le côté duquel on est tombé. J'adore ça. J'imagine que pour les vieux, c'est la même chose avec la météo, et pour les horripilants teens, c'est la même chose avec les fringues et les relations amoureuses et amicales (parce qu'ils mélangent tout).

Bref, cette fois-ci notre Emmanuelle avait fait fort. Je doutais de pouvoir même parvenir à la comprendre. Elle était allé si loin. Durant ses voyages et ses boulots, elle avait aimé un kirghize, un kazakh, un marocain, un tunisien, un palestinien. Mention spéciale pour le palestinien qui avait semble-t-il cherché à s'éprouver lui aussi dans l'exotisme de la relation. Je devais en être à ma vingtième chips maïs trempée dans le thon à la moutard quand je suis intervenu...

 

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Le canapé, élément de sitcom bobo et beauf à la fois...?

Qui es-tu, le canapé ?...

 

N'avait-elle pas, dans le fond, cherché à l'étranger ce qu'elle aurait pu vouloir obtenir en France ? En clair, un pouvoir, une domination. Parce que elle est française, avec un bon job, et quelques bourses à distribuer, et que ses potes sont des artistes exotiques sans le sou. En France, une femme n'aurait pas été légitime si facilement à dominer un homme à ce point. C'est ce genre de renversement que paradoxalement on trouve à l'étranger, où pourtant les normes de genres sont souvent plus verrouillées. Premier mouvement nécessaire dans toute conversation de ce type : faire planer un soupçon. Et j'ajoute ma petite touche : le dire avec assez d'aplomb ou de vulgarité pour que tout le monde ensuite se sente libre de parler franchement – quitte à ne plus savoir ce qu'on dit.

J'ai adoré le soupçon que j'immisçais. Honnêtement. Il n'y avait personne à draguer dans cette soirée, je devais revenir à des valeurs sûres, et c'était donc parfaitement logique de se kiffer soi-même avec un verre de vin dans la main. Je prenais plaisir à penser tout ça en même temps, et je n'écoutais même plus la réponse qu'on me faisait quand soudain, "Il" est revenu. Dérapage majeure dans la conversation, rupture, accidents de topiques. Je venais de me faire démonter par mon voisin de droite. Le Fils de la Vérité avait surgi, sur le canapé rouge, le visage à demi-caché par la pénombre. Son petit rire ironique m'en avait fait perdre ma chips au thon.

 

 

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Le portrait presque exact du Fils de la Vérité

 

C'est un mouvement risqué qu'il venait d'entreprendre. Dans une conversation, il y a liens fragiles, des retournements dialectiques délicats – tel que le mien ! – dont on met du temps à tirer toutes les conséquences, même en présence des esprits les plus alertes... Et le Fils de la Vérité venait d'accélérer en plein virage. Plutôt que de prendre la nouvelle question comme elle passait, il la redoublait d'une attaque ad hominem susceptible d'annuler toute interrogation – mouvement risqué, toute la conversation aurait pu exploser la rambarde et sauter dans le ravin comme dans un bon James Bond – et seul lui aurait prévu le parachute. 

Notre désir d'exotisme envers les étrangers à peau sombre n'est-il pas aussi ancestral que l'attirance des hommes envers les blondes à gros seins ? Nous pourrions les aimer parce qu'ils sont la proie idéale. Ces blacks, métis ou rebeus incarnent le fantasme des intellos : des mecs un peu plus stupides que la moyenne, d'extraction basse (vous avez remarqué que j'ai parlé de : "fantasmes", parce que ça n'est pas forcément une réalité) ? Après tout, une bonne partie des hétéros aiment l'idiotie des poufs (ou les charmantes idiotes), parce que ça les rend accessibles, vulnérables, dominables. Pourquoi n'aimerions-nous pas, nous (le gay et la bab' diplomate de la soirée), les racailles survirilisées parce qu'ils sont dans le fond assez facilement assujettissables intellectuellement ? Ne sommes-nous pas des beaufs déguisés en bobos (ce qu'est peut-être tout bobo...) ? Sous prétexte d'aimer l'étranger, l'altérité, nous avons simplement adopté les goûts à la mode en matière de mecs.

Bon, pour être tout à fait horripilant dans son triomphe, il aurait pu ajouter qu'au moins le goût de la blonde à gros seins avait le mérite d'être ancestral, et donc de passer pour naturel. Aussi soudaine que fut l'attaque, je n'en étais pas pour autant désarmé, car je reconnaissais le fondement de nos nombreuses et multiples conversations. La thèse sous-jacente, que le fils de la Vérité et moi partageons, est celle-ci : le métis est la blonde à gros seins des filles aujourd'hui. J'ouvre la boîte de Pandore en écrivant ces mots. C'est comme prononcer trois le nom de Candyman devant un miroir, ou appeler Yahvé de son nom secret. Car si je me mets à parler de ça, j'entre dans le labyrinthe et je n'en ressors plus. Mais justement, ça aurait signifié ne pas savoir géré un virage, être un piètre interlocuteur. Effet bullet time sur mon verre de vin (en fait un gobelet en plastique). Tout ça ne dure peut-être que... un bon quart d'heure. Et soudain, je reprends les rênes et j'évite l'embardée sauvage de mon voisin. L'effet bullet time qui dure un quart d'heure n'est pas un truc donné à tout le monde. Il faut vraiment avoir scotché sur un canapé pour le vivre.

 

 

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Une bonne conversation c'est comme Just Cause 2.

Le but : semer le chaos.

 

J'ai décomposé l'attaque. D'abord : aimer les mecs exotiques, physiquement, purement et simplement. Absorber le choc. J'assume. Emmanuelle et moi, on assume. Il y a une dimension de domination inhérente à tout amour. Qu'elle se fonde sur ça ou sur autre chose, comme l'intellectualité, la beauté physique, la créativité, les relations sociales... peu importe. Et soudain je me souviens d'un atout caché, que j'avais oublié. J'utilise une conversation que j'ai eue avec le Fils de la Vérité. La veille... on avait justement eu une courte poussée théorique sur le chemin du MacDo : "pourquoi les mecs ne trompent pas leurs meufs avec une fille plus jeune ?" Parce qu'en réalité, m'expliquait-il, ils savent qu'ils sont en danger avec des filles plus jeunes. Ces filles peuvent avoir un avenir si brillant que les mecs qui les ont dominées (des profs, des coachs de vie, des patrons ou des artistes mégalos) n'apparaissent plus eux-mêmes comme une option valable dans le futur. Je m'explique, le Fils de la Vérité m'expliquait que pour beaucoup, la véritable peur venait du fait de devoir s'imaginer un jour dépassés par leur propre épigone. Cette jeune fille brillante et bourgeoise (le meilleur choix possible) deviendra plus belle, ils deviendront plus vieux. Elle deviendra riche, ils stagneront dans leurs carrières. Tout était déjà joué, les rouages du déterminisme social n'étaient simplement pas assez visibles. Et ces mecs machos se sont fait avoir de la façon la plus ancienne qui soit, eux aussi, petits papillons attirés puis brûlés par la lumière de la lampe. Il a dû ajouter l'histoire tragique et nette d'un de ses potes à qui c'est arrivé, car il a toujours en poche deux trois histoires qui feraient des superbes films à la Woody Allen dernière génération (tragi-comique mais quand même tragiques). Rétrospectivement, ces mecs n'auront été qu'un coup, une passade, ou un amour marche-pied, qui ne sert qu'à se hisser plus haut ensuite. Bref, sur le fond, on était d'accord. Pas besoin de faire semblant en disant que le sexe et l'amour sont égalitaires.

 

 

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La blonde transcendée par la lessive et sa next door attitude.

"Penny Penny Penny" de Big bang theory.

 

Mais je devais encore redresser le reproche majeure : notre goût sexuel était-il beauf, tristement conformiste, et à ce point entaché de racisme larvé ? Non. Car, la vérité, Emmanuelle et moi l'avons trouvée en croisant nos propres histoires de cul et de coeur. Il y a une part d'attirance pour l'étranger, d'exotisme, certes. Pourtant ce n'est pas un critère suffisant du tout. Ni même nécessaire. Le métis (ou l'Afro-Américain), au même titre que la blonde à gros seins, est une icône moderne. Viril comme un black dans l'imaginaire blanc, et en même temps assez proche de nous pour nous épargner une altérité trop radicale. Mais en réalité, notre goût est plus fin. Le fait que ces mecs soient physiquement exotiques ou super musclés (comme le suggère leurs représentations habituelles) n'est qu'accidentel. Ce qu'on cherche, en réalité... c'est être mis en contact avec une incroyable résistance à la vie, avec une incroyable faculté de résilience. D'où l'histoire d'amour avec le Palestinien, dans le cas de mon alliée, et d'où toute mes histoires à moi avec des types qui reviennent de tonnes d'emmerdes. Certains de ces mecs ont été écrasés par la dureté de leurs histoires. Mais nous prétendions pouvoir quant à nous reconnaître ceux qui en étaient sortis, ceux qui étaient littéralement devenus "extraordinaires" (c'était les mots d'Emmanuelle). Moi je parlais de survivants. Mes petits yeux ont brillé (le vin encore ?). 

 

 

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Caleçon à pois rouges... on dirait une chanson de Dorothée.

 

Si on les qualifie de "blonde à gros seins", c'est donc une pure injustice. Ce caractère "extraordinaire" n'est en effet pas facilement décelable, (puisqu'il est extraordinaire). Du coup, ce qui les qualifie aux yeux de tout le monde est cette propriété secondaire, d'être généralement exotique de notre point de vue, parce que dans notre monde, il y a moins de survivants, comme il y a moins de catastrophes. Et c'est vrai que le problème est que les deux catégorie de "métis blonde à gros seins" et de "mecs exotiques survivants" peuvent se superposer. Mais elles ne se confondent pas. Il y a des filles qui sortent avec des mecs parce qu'ils ressemblent à 50cents, mais en plus africain, avec un vrai amour du poulet et du coupé décalé... mais ces filles seront déçues en raison du décalage avec l'idole – et là commence l'éternel couplet de l'écart entre l'idéal et le réel. Pourtant le rappeur qui s'est remis de je ne sais plus combien d'impacts de balles incarne aussi quelque chose de plus profond : il s'en est remis, il a survécu. Je pige cette raison d'aimer 50cents – et beaucoup moins l'autre. Bien sûr, il y a aussi beaucoup de raisons pour lesquelles ce genre d'idylle sont condamnées, mais quitte à souffrir par amour, je considère ces raisons comme infiniment plus profondes et justes.

Fin de la conversation. On venait d'avouer à demi-mots qu'on était absolument prêt de tomber amoureux de n'importe qui venant de survivre à l'Intifada ou à une guerre des gangs. C'était super gênant, mais au moins, on avait sauvé notre camp, lutté contre le racisme sexuel inversé, contre le conformisme et le sexisme, accepter la part irréductible de tragédie dans l'existence, critiquer la vacuité des classes moyennes, et dépasser tout ça dans l'amour du prochain. On avait fait du bon boulot. Et on s'est échangé nos adresses facebook.

 

 

 

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 21:42

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de Kevin Amato

(please, guy, don't sue me for the scan !)

 

Les filles ne savent pas parler de la beauté des mecs. Ou quand elles le font, c'est atrocement prévisible. Il y a par exemple tout ce baratin sur le "je ne sais quoi", l'éloge du charme indicible, avec l'obligation dans les yeux d'un maximum de reflets à la Candy et dans la voix de petits hoquets malicieux. Ou bien, il y a le discours de l'ancienne étudiante en sport études, celle qui a eu le temps de sélectionner le mâle alpha de la tribu et de brâmer son désir à travers les couloirs des vestiaires. "Celui-là, je l'aime bien il est viril avec ses grandes épaules." Variante "Celui-là, je l'aime bien il est viril avec sa grande mâchoire." J'ai oublié les autres nuances... 

Dernier cas possible (mais on pourra toujours me dire que je n'ai pas assez de copines sac à main pour prétendre à l'exhaustivité), le plus drôle : lorsque l'attention se focalise sur des parties totalement hors-concours, comme les mains, les oreilles, ou les ailettes de nez... à partir de là, ça sent bon le refoulement. Comme si des cheveux pouvait exciter sexuellement, plus qu'un cul bien rebondi ou qu'un slip bien rempli et prometteur. Attention, qu'on me comprenne bien : il y a des oreilles sexy (petites et recroquevillées), des ailettes de nez super sexy (large, hautes, et très mobiles), et des mains sexy... attendez non. Les mains sont presque toutes sexy. Bref, les filles ne savent pas parler des mecs, et je leur trouve une très bonne excuse – autre que l'oppression hétérosexiste. Les mecs ne montrent rien. Pas de signes sexuels secondaires visibles aisément dans une rue.

On me dira : si, il y a au moins le cul d'un mec qu'on peut voir. Non... Désolé (Marc), mais même le cul d'un mec est la plupart du temps bien à l'abri dans son jean. J'essaie de me mettre dans la peau d'un hétéro une fois de temps en temps, et la différence est frappante. Les mecs hétéros peuvent voir des culs ultramoulés par les jeans tous les jours. Les gays n'ont le droit qu'à de vagues jeans serrés ou à l'éventualité de s'émouvoir devant la légèreté d'un jogging. Si on aime le cul des lycéens en slim, à la limite, on peut être contenté. Même parfois, on croise un petit trésor perdu au milieu d'une île déserte... Passe devant vous un mec (souvent rebeu ou turc) qui a toujours eu l'habitude de porter son jean au dessus de la taille de telle façon à ce que la raie du jean lui rentre littéralement dans les fesses. Là, c'est le délice. Mieux encore : des mecs en djellabah, face contre le vent, avec l'entrejambes moulé par le tissu fin – blanc de surcoît... Un Delacroix gay sorti de l'hibernation en 2010 ne devrait peindre que ça. Quoi qu'il en soit, en comparaison avec le looks – ou simplement le corps des femmes –, il n'y a rien de très visible chez un homme, rien d'évident. A la limite, les épaules, mais... rien de comparable à une paire de seins ou de fesses féminines, supposées plus proéminents que les équivalents masculins. Alors, sur quoi se rabattre ? 

 

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Pendant mon deuxième voyage au Brésil, j'ai pris conscience qu'au bout d'un moment, l'appétit grandissant, je commençais à regarder de plus en plus les mecs en entier, en les balayant du regard de la tête jusqu'aux pieds. Certes, la silhouette compte, les vêtements comptent aussi. Mais les endroits où la peau est nue sont toujours les zones suprêmement recherchés par le regard. Parce que sont de véritables plateformes et interface informationnelles. Les informations décollent comme des petits hélicopters de combats bourrés de colliers à fleurs et s'écrasent contre vos yeux : une couleur de peau, une douceur possible, les formes des muscles, une peau sèche ou un peu humide, une pilosité régulière... 

Au bout de quelques jours, après être tombé amoureux de tous les visages des garçons de Salvador, j'ai donc logiquement découvert un aspect nouveau de la beauté masculine – pour être précis : deux. Les pieds, et les mollets. Parce qu'on est amené à les montrer en permanence. Les tongs deviennent géniales pour ça, et les shorts de bain, bien sûr (ils sont plus bouffants, et avec un bon angle, on peut voir le début de la cuisse assez facilement). J'ai pris soin de dire qu'il s'agit d'informations et pas franchement de fétichisme. Qu'on m'accorde juste cette nuance pour l'instant.

 

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fétichisés (Mapplethorpe).

 

La beauté des jambes et des mollets est subtile. Le bas de la jambe est le point de contact avec le sol, c'est ici qu'on juge ou non de la lourdeur d'un homme, son ancrage dans le sol, et non uniquement de sa puissance. On lit dans le mollet mieux qu'ailleurs le type de muscles, le types de forces qu'un homme dégage. L'amusant donc, est qu'en plein été, on peut voir facilement des mecs au look de bad boys se balader avec des mollets de coquelets, ou encore voir des hommes légers impulser à chaque pas. Les types de jambes se dévoilent, et des identités se pressentent rien qu'à la nervosité d'un mollet. 

Les jambes régulières sont particulièrement belles parce qu'elles suggèrent que le travail de la marche remonte le long de la jambe, et fait participer le corps entier. Le signe d'une belle jambe, c'est le sillon de muscles qui se prolonge du haut de la cheville jusqu'au genou, et dessine finalement le muscle entier, long, pas hypertrophié. A l'inverse, des jambes à la "Action Man" sont horribles. Elles ne que sont l'emboîtement d'une masse de muscle dans un pied à la cheville minuscule et dans un genou atrophié. Une jambe pareille sert simplement à indiquer au boucher la façon de la tronçonner. Mais le plus coupe-faim, c'est la jambe allumette, toute droite, sans courbe, avec juste des poils dessus qui donne un peu de volume à la jambe. On a envie de souffler dedans pour qu'un muscle se mette à gonfler. 

Le pied s'apprécie selon la même esthétique. Il est le membre sur lequel le poids du corps se porte. Je ne suis pas un fou de doigts de pieds, et franchement, savoir si un pied est grec ou égyptien, n'a pas d'importance – ils n'ont qu'un pouvoir disqualifiant s'ils sont démesurés, ou crades. La taille du pied lui-même est également indifférente. Et les projections phalliques qui entourent le pied sont vaines. "Grands pieds, grosses bites..." ça sonne comme un slogan de marchand de chaussures qui a du stock grande taille à revendre. Ceux qui y croient n'y croient généralement que le temps d'une vanne pourrie. 

La beauté d'un pied se lit à la façon dont il s'écrase sur le sol, ou sur la tong. Si la pulpe du pied déborde généreusement sur les côtés, une petite magie s'opère. C'est le côté du pied qu'il faut observer pour comprendre comment "vit" un pied. Comme une chambre à air, il impacte le sol, il absorbe le choc. La douceur d'un pied se juge à la souplesse de son coussinet. Là encore, il y a des degrés, certains pieds perdent cette douceur, d'autres la conserve. Mais contrairement à ce que pensent beaucoup trop de punks à chiens, la corne n'est pas une récompense, une preuve qu'on s'est aguerri. Elle est plutôt la preuve qu'on a perdu la fonction amortissante du pied. Il y a un capital de douceur qu'on ne doit pas chercher à dépenser, et qui appelle au contraire une gestion prudente, raisonnable. L'été, et grâce à la tong, et pas du tout grâce à la sandale qui maintient les côtés du pied, on peut voir ces pieds masculins s'écraser par terre et supporter le choc par milliers. C'est le moent où se dévoile peut être le plus de beauté masculine. Bien sûr, les épaules nues, les chemises et les poils qui remontent le long du cou... Mais cette libération du pied a un côté assez touchant, tout simplement parce qu'elle est naïve. Les mecs eux-mêmes n'ont pas conscience du potentiel érotique d'un pied. Ils se disent "c'est coolos je sors mes pieds à l'air, ça m'évite qu'ils puent en transpirant", mais en fait, les mecs se mettent juste à enfin se déshabiller... 

 

beautémasculine amato

de Kevin Amato, again.

 

Le climax est atteint quand je peux voir des pieds de mecs typés, genre black, rebeu, latino. Le dessous du pied est blanc, ou parfois, très rose. Une différence nette de couleur, comme une stratification, est la manifestation de la différence de ces deux zones et fonctionnalité du pied : la partie recouvrante, la partie absorbante. Grâce à l'effervescente industrie de la tong de Bahia, j'ai pu observer des heures durant des mecs marcher, et faire gonfler la pulpe claire ou rose de leurs pieds à chaque fois qu'ils s'enfonçaient dans leurs tongs en caoutchouc naturel... Dieu préserve le Brésil. Tous ces métis en short de plage et en tongs, souvent aux jambes puissantes, m'ont montré la vraie beauté masculine. Et je ne parle pas encore de leurs culs, de leurs poils, fins et bouclés, ni de leur géniale façon de marcher...

Le pied montre tout ça. Et on peut le voir justement si on n'est pas fétichiste. Je suis prêt à argumenter avec qui veut sur ce point. Mon goût du pied et du mollet n'est pas fétichiste, parce qu'il s'agit d'un pied en situation, exhibé naïvement, en mouvement. Les spécialistes en langage corporel insiste tout particulièrement sur la nervosité des pieds, qui, semble-t-il, trahissent notre nervosité bien plus que notre visage ou nos mains – justement parce qu'on n'apprend pas à les maîtriser. Le fétichiste au contraire isole l'objet de son fantasme, voire le mortifie, l'embaume, et l'artificialise. Ce qu'on aime sur un visage, des yeux, une bouche, des fossettes, on l'aime justement parce qu'ils parlent, qu'ils vivent. Ce que j'essaie de montrer, c'est qu'on peut aimer les jambes des mecs pour les mêmes raisons. Loin loin loin des fétichisations phalliques, qui là encore, ne font naître un fantasme que parce qu'on fige le symbole de la masculinité dans une érection éternelle... Mon goût est opposé à cette fétichisation. Je reviendrai sur la beauté de la bite molle une prochaine... 

 

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 23:20

 

 

 

Baise banana split

 

Une conclusion s’est imposée après plusieurs soirées finies en sueur. Il faut un argumentaire pour défendre cette vérité. Car la propension à juger quelqu’un sur la satisfaction qu’il accord à son appétit sexuel ne se dément pas, et ne démentira peut-être jamais. Il faut donc protéger les soldats de l’amour sexuel.

Freud prévenait que la « bonne morale » – la morale de grand-mère – était toujours une morale du slip (ce ne sont pas ses termes – alors sentons-nous libres – une « morale du slip sale »). On jugera toujours plus sévèrement des hommes qui ont des mœurs dissolus que des hommes qui affichent leur normalité sur le plan sexuel et sont pourtant capables de mentir, d’assouvir leur cupidité, et d’être aussi généreux qu’une hyène.

Aussi choquant que cela puisse paraître aujourd’hui, grand-mère a raison. Le slip sale nous intéresse. La presse et tous les plus antiques commérages se sont nourris de cette vérité. Pourquoi ? Parce qu’on estime à travers la sexualité d’un homme la capacité qu’il a à se maîtriser, voire plus encore, à sa capacité à "sublimer". 

Pas besoin de plonger dans une théorie freudienne pansexuelle pour justifier son intérêt pour la sexualité d’autrui.  Quelques banalités suffisent. Ce qu’on appelle sublimer, ce n’est rien d’autre que transformer ses appétits sexuels en des appétits socialement acceptables, c'est-à-dire profitables à soi et aux autres. Ainsi, connaître la sexualité d’autrui est un motif de confiance ou non. On ne fait pas confiance à celui qui est incapable de se maîtriser. Au type bien qui se branle en public, au gars sympa qui baise les femmes mariés, au pote super cool qui organise des partouzes. On fait modérément confiance à celui qui se maîtrise mais qui rend public le moindre de ses fantasmes. Ou à celui dont le rictus sur le visage autorise à imaginer une vie de débauche aussi folle que celle d'un satyre. On fait un tout petit plus confiance à celui qui se maîtrise entièrement, se transforme en ascète, en moine, en statue de marbre, et s'arrache la première pulsion qui déborde. Mais on fait surtout confiance à celui capable de donner suffisamment de motifs secondaires à ses vraies intentions pour les masquer. Le moine n’agit pas, alors que l'homme qui rend ses pulsions utiles en les assouvissant régale tout le monde. On préfère l’égoïsme énergique, à la passivité éthique. Je suis sûr qu'un évolutionniste doit avoir eu la même idée que moi, et pourrait sortir immédiatement de terre tout de suite pour nous le dire : l'égoïsme énergique est profitable pour l'espèce (merci Darwin pour avoir donné du boulot à tous ces mecs qui n'ont qu'à répéter qu'un truc est profitable pour l'espèce). 

En attendant, plutôt que de justifier la morale de mamie avec l'évolutionnisme de pépé, on va se donner un peu les moyens d'armer les soldats de l'amour, pour qu'ils tirent tout ce qu'ils peuvent d'arguments pendant les conversations de cul arrosées.

 

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Ils se bourrent la gueule ? Non, ils parlent philo.

 

La baise est bonne. 

Notre premier argument est que les attaques contre la vie dissolue prennent toujours appui sur une fiction, qu’il faudra bien déconstruire un jour. Les mots que nous employons entretiennent d’ailleurs l’ambiguïté à dessein, et force l’attaque de nos adversaires sur ce point précis : baiser, c’est avoir des relations sexuelles sans âme, sans cœur, sans esprit. Et les mêmes qui diront combien l’amour leur procure des sensations physiques agréables, se mettront pourtant à cracher sur un plaisir physique sans amour.

Ne versons pas tout de suite dans le sarcasme. Cet argument de la baise sans âme est intéressant. Parce qu’il est faux mais qu’il paraît vrai à tout le monde tant le mythe circule. La salope est condamnable parce qu’elle baise facilement, sans cœur. La pute également est sans cœur. Le queutard encore, est sans cœur – mais moins condamnable. Et ces personnages, on les voit partout. On en est obsédé. Alors qu’ils n’existent pas.

 

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La belle tradition des verres de saké : les filles de mauvaise vie sont partout, même au fond des verres.


Une relation sexuelle appelle une excitation, qui, n’en déplaise à certains, n’est pas causée par les « chaleurs » de nos corps, mais bien par notre cerveau et donc par nos fantasmes. Ainsi, entre l’amoureux qui baise, ou le queutard qui se soulage, il y a toujours le même cerveau, le même esprit qui travaille. On dit qu'on a une bite à la place du cerveau, mais on a surtout un cerveau à la place de la bite.

La baise n’est donc jamais sans âme. Car, baiser (rapport sexuel mutuellement consenti) c’est au minimum comme dire bonjour, il y a contact et civilité. On baise avec son cerveau, et commettre le péché de n’être plus qu’un corps est finalement difficilement envisageable. Ou si c’était possible, ne faudrait-il pas faire plonger aussi le sportif, le musicien, le maçon – qui eux aussi se définissent par l’usage de leurs corps – avec le pauvre queutard ?... En fait, on pourrait passer des livres entiers à raconter des plans cul qui sont autant de saynètes, courtes mais denses, intrusives et grotesques, où on verrait que ces baiseurs laissent toujours derrière eux des traces d’intimité et de vie – malgré eux. Comme des escargots. Et quelle mise en scène lorsqu'on essaie de gommer ces civilités ! 

Enfin le queutard ne pèche pas par promiscuité, en sacrifiant sa précieuse intimité, à la publicité du regard d’un inconnu. Sinon quelle différence entre la baise et l’amour, car l’amour… c’est précisément partager une intimité ? 

On ironise souvent sur celui qui après l’orgie se retrouve vide, défait et surtout : tout seul. Mais l’ironie de celui qui se retrouve un matin, lié, plus jamais seul, plein de responsabilités sur des vies qu’il ne contrôle pas… il ne faut pas oublier cette ironie-là.

 

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"hmm.. oui, je crois que notre ami de Gays and Geeks a raison : on a tous une bite à la place du cerveau, et un cerveau à la place de la bite ; je n'aurai pas su dire mieux."

(merci Woody)

 

Qui a déjà parlé de cul en mangeant sait que tous les convives trouvent vite une relation forte entre manger et baiser. On mange comme on baise et vice et versa. Dans les deux cas, il y a toute cette confrontation traumatisante à l'organicité du désir, et ses conséquences. Il y a encore toute une maîtrise à découvrir et à perfectionner, toute une économie du désir à construire (se retenir ? quand ? Combien de frustration pour combien de satisfaction ? Savourer ou bouffer ? Revenir toujours aux mêmes plats ou goûter des choses nouvelles ? etc. etc.). Filer la métaphore de la cuisine au sujet de la baise est notre meilleur arme. C’est le versant positif de notre réponse graduée.

Baiser se résume à un parti pris fondamental sur la vie : préférer la variété à la répétition. 

Le problème qui hante celui qui pense vouloir aimer c’est d’élire une seule personne alors qu’il y en avait tant d’autres. Et la vérité, on la connaît tous : c’est le hasard, ou les lois de l’attraction sociale qui nous ont poussé dans les bras de telle ou telle personne. Jamais nous. Car on sait tous aussi qu’il est facile de se dire après coup, quand toutes les options ont été éliminées par l’ennui et la peur de mourir seul : « c’était lui/elle qui était fait/faite pour moi. »

 

Baise tarte aux pommes

 

D’un point de vue culinaire, tous les ripaillons peuvent vite se mettre d'accord : se poser, s’installer, construire quelque chose avec quelqu’un revient à n’aimer qu’un plat. Un dialoguiste de comédie sentimentale, un jour a glissé cette phrase, au beau milieu des violons, pour justifier l’amour d’un des personnage : « tu es comme une tarte aux pommes, on aura beau goûter à toutes les patisseries du monde, toutes les viennoiseries possibles, on revient toujours à la tarte aux pommes. » Mais, le point crucial, c’est qu’on doit goûter à tout le reste pour apprécier la sécurité de la tarte aux pommes. La métaphore culinaire ne justifie pas l’amour fidèle, mais le plan cul régulier, le chevalier baisant, le fuck-friend. Et la baise sans âme tolère absolument le plan cul régulier. Le pragmatisme du cul l’a toujours toléré et même encouragé pour parer à toute urgence sexuelle.

Une autre défense faillible de la vie à deux, et de l’exclusivité de l’usage des organes sexuels de son partenaire, consiste à dire : « tu es comme mon condiment préféré, ma petite pointe d’épice que j’aime retrouver partout. » Plusieurs étonnements : (1) ne faut-il pas encore varier les aliments pour en apprécier la sauce magique et régulière de l’amour ? Bref, ne sommes-nous pas en train de faire l’éloge du plan à trois, de l’orgie ou de l’échangisme, plutôt que de l’amour ? (2) Ensuite, n’est-ce pas au moins revenir sur l’importance de la fidélité sexuelle que de la changer en un condiment ? Qui plus est la fidélité sexuelle n’est pas une qualité positive, un condiment, c’est plutôt une qualité négative un interdit, comme l’est l’importance de ne pas gâcher un plat avec trop de sel, ou trop d’épices. 

 

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American Pie : la rencontre éclaboussante du sexe et de la gastronomie.

 

Si la baise et la bouffe sont bien les deux choses les meilleures au monde, il n’y a qu’un moyen de les voir concilier par une philosophie de la bouffe et de la baise vraiment unifiée : aimer la variété. Nous pensons quant à nous qu’un régime équilibré est meilleur pour la santé.

 

 

 

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  • : Gays and Geeks
  • : Le blog du mec avec qui vous aimeriez parler dans un café de tout et n'importe quoi – mais que vous hésiteriez à rappeler pour en boire un deuxième parce qu'il a quand même l'air flippant et immature. Bref, le blog d'un queutard romantique qui essaie de trouver la paix intérieure et le salut par la culture pop. D'intello qui lit encore Naruto. De fan de Kele Okereke qui n'arrive pas à aimer son dernier album.
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